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Je tue

08 Jan

Aussi débile que ça puisse paraître, on me demande de temps en temps de déchirer des livres et de les jeter à la poubelle. Oui, oui, des livres neufs qui ne seront pas lus par personne, qui auront donc été imprimés pour rien.

Je travaille comme libraire depuis un bout de temps et , malgré le nombre parfois impressionnant d’exemplaires que je dois éliminer, je ne m’y habitue pas. Je me sens vraiment ignoble de faire ça.

C’est pourquoi je vous en parle ici, pour partager ma frustration face à ce non-sens.

Ce sont des invendus, victimes de la surconsommation, de notre système de capitalisme à outrance. On a juste à tous les acheter, ils ne périront dans tes mains! Mais non, car on en aura encore plus sur les tablettes… Cercle vicieux. Et bien entendu, c’est interdit de les partager avec des pauvres ou des écoles ou autres…

Je suis librairie et je tue des livres.

Ces quelques phrases ne sont pas de la fiction, c’est une tranche de vie, une tranche de mort.

Je suis un tueur qui aime les livres. Mon désir est de ne plus tuer.

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17 Commentaires

Publié par le janvier 8, 2010 dans Uncategorized

 

17 réponses à “Je tue

  1. edhardcore

    janvier 8, 2010 at 8:18

    Si jamais on te dit de faire ça avec mes livres, avise-moi avant de procéder à l’exécution.

     
  2. Gen

    janvier 8, 2010 at 8:27

    Mets-les dans un bac bleu et essaie de te dire que tu participes à leur résurrection prochaine.

    C’est dégueulasse, mais on est pris dans cette foutue logique de marché.

    Et même, si elle n’était pas là, on aurait encore moins de chance de vivre de nos plumes… *gros soupir résigné*

     
  3. Dame Scoffield

    janvier 8, 2010 at 8:56

    Tu peux même pas les mettre au tri sélectif histoire de te dire que le papier sera recyclé ?!

     
  4. Donald Plante

    janvier 8, 2010 at 10:17

    Tu devrais t’en inspirer pour écrire une histoire intitulée : « Le tueur de livre ». :p

     
  5. claude b.

    janvier 8, 2010 at 10:35

    On peut aussi tuer par amour.

     
  6. Annie Bacon

    janvier 8, 2010 at 10:47

    Comment ne pas penser à Fahrenheit 451 dans lequel le travail du héro est de bruler les livres à grands coups de lance-flamme.

    Je partage ta douleur.

     
  7. aveugle

    janvier 9, 2010 at 2:13

    @ Ed Hardcore : Heureusement, les livres de Coups de tête n’ont jamais péri sous mes griffes! 🙂
    @ Gen : Oui, plus les maisons sont grosses, plus il y a de chances qu’il y ait du gaspillage…
    @ Dame : Non.
    @ Donald : Oui, je vais laisser ça mijoter et ça ressortira sûrement en histoire éventuellement.
    @ Claude B : Haha! 🙂
    @ Annie : Bonne comparaison! 🙂
    @ Martin : Exactement! Et c’est la même chose pour la plupart des produits sur le marché, y compris l’alimentation.

     
  8. Guillaume Houle (Les Six Brumes)

    janvier 9, 2010 at 4:42

    Heureusement, aux Six Brumes, on ne détruit pas les livres… même ceux sur lesquels Jonathan a renversé du vin lors d’un Salon du livre! 😉

    Il y a toujours moyen de donner une vie à un livre. Encore faut-il prendre le temps de le faire.

     
  9. Benoit Bourdeau

    janvier 9, 2010 at 6:11

    Assez particulier…

     
  10. KGirard

    janvier 9, 2010 at 6:31

    J’opte pour la philosophie de Guillaume.

    Un livre, c’est précieux. C’est rempli de richesses, de talent (pas tous mais bon) et surtout d’efforts! Si on y prend le temps, il y a toujours moyen d’y redonner vie.

    Comme L’Ancienne Famille et La Légende de McNeil par exemple, qui sont maintenant sous format numérique.

     
  11. aveugle

    janvier 9, 2010 at 8:42

    @Guillaume : Oui, c’est vrai! 🙂 On traîne nos plus vieux titres avec nous dans les salons, et nous les faisons encore découvrir aux lecteurs (à un prix moindre, avis aux intéressés…).
    @Benoit : En effet!
    @Keven : Bien d’accord! 🙂

     
  12. Isabelle Lauzon

    janvier 10, 2010 at 1:57

    Là, tu m’apprends vraiment quelque chose! Vraiment, on jette les livres? Tu dois être déprimé à la fin de la semaine! 😉

    Je retiens de tout ça qu’il te faut absolument écrire une nouvelle là-dessus, c’est vital. Allez, défoule-toi, ça va te faire du bien!

     
  13. aveugle

    janvier 10, 2010 at 2:12

    @Isabelle : Oui, je ne dirais pas de noms d’éditeurs mais ce sont des compagnies qui sont tellement grosses… Ça leur coûte moins cher qu’on leur renvoie seulement la couverture et qu’on jette le reste du livre plutôt que de leur poster le livre en entier. Et je donne un indice : à ma connaissance, il n’y a pas d’éditeurs québécois qui font ça. Mais regarde dans une librairie le nombre de livres qui viennent d’ailleurs…

     
  14. Michel Gingras

    janvier 10, 2010 at 5:35

    Tu m’apprends quelque chose que je trouve absolument inconçevable! Bien sure, on publie environs 4 500 livres par année, donc, c’est certains que plusieurs ne trouveront pas preneur, car le lecteur à le choix, sauf que c’est surprenant qu’on dise aux libraires de les détruire au lieu de les donner au pauvres, les écoles, etc.

    Je trouve ça complètement aberrant. Archambault devrait donner un tournant vert à sa compagnie en en donnant ou en les vendant à moindre coût. Peut-être que d’autres les suivront. De plus, je suis certains que ce sont les petits éditeurs et les auteurs débutant qui écopent.

    Si on a vraiment à le faire, bien, on devrait « détruire » les livres d’auteurs américains, traduits ou non, mais pas ceux conçus ici au Québec. Notre culture, on en fait quoi? On la jette aux poubelles. En est-il de même pour les disques? Désolé, montée de lait!! Tueur de livres…Inspirant pour une nouvelle, hein Jonathan? Ça mijote, ça mijote 😉

     
  15. Gabrielle Delavoie

    janvier 13, 2010 at 11:36

    Ça fait des siècles que cette situation existe, voire depuis la naissance des maisons d’éditions. Ça fait toujours un pincement au coeur d’en entendre parler. Je sympathise avec toi, Jonathan. Si j’étais moi-même obligé à le faire, je lèverais les yeux devant cette absurdité.

    Quand un livre est publié pour la première fois, l’éditeur produit un nombre minimal d’exemplaires. Disons cinq cent ou mille (je parle au Québec). Si une partie de ces livres lui est retournée, parce qu’elle n’a pas trouvé preneur ou encore qu’elle a manqué de diffusion, l’éditeur n’a d’autre choix que de les pilonner. Et il n’est pas question de les donner a des démunis (« Ben non, voyons », diraient un éditeur qui ne produirait des livres que pour faire du fric). Pourquoi? Parce ça fait partie du système.

    J’espère au moins que les livres, une fois pilonnés, vont être recyclés. Parce que sinon, ça va de mal en pire.

     
  16. Alexandre St-Laurent

    janvier 16, 2010 at 5:57

    Arrrrrggggggghhhh!

    Un autre indice de la stupidité de notre système économique.

    Il est plus que temps de le reformer, ce sapristi capitalisme!

     

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