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B(10)

15 Août

Épisode 10

Parce que parfois Santo devrait donner un coup de main à Coffin Joe pour combattre une horde de Ninjas en furie.

Non.

Impossible.

Je n’y crois pas : la poitrine de Larry Cohen explose en sang. Mon ami tombe ensuite sur la table garnie de films. Sa main tient toujours la cassette La taverne sanglante. Je prends quelques secondes à réaliser ce qu’il vient vraiment de se passer.

Et la VHS tombe, comme mon ami lâche son dernier souffle.

Puis, je les vois. Eux. À quelques mètres de moi se trouvent no-name (avec le fusil encore fumant) et ses deux esclaves. Richard et Carl.

Si la surprise m’a paralysé il y a un moment, la colère, elle, fait monter l’adrénaline en moi. Une adrénaline noire.

La rage.

En moins de deux, je saute sur le trop-ignoble-pour-mériter-un-nom. Je ne sais pas comment j’ai fait, il ne m’a jamais vu venir. Et maintenant je serre sa gorge encore plus fort que quand j’étranglais mon ex.

—    Crève, maudite charogne!

Je vois noir tout à coup. Des éclairs strient mon regard. Une vive douleur déchire l’arrière ma tête. On m’a frappé.

Mais ça ne m’arrête pas. Je hurle ma furie en me projetant vers l’arrière. J’heurte quelque chose ou quelqu’un qui tombe en lâchant un « Câlisse! » de douleur.

Moi, je réussis à rester debout. Je ne vois toujours rien mais je frappe dans le vide. Mes jointures s’écrasent sur une surface à la fois dure et molle. Un nez? J’espère bien. Mes yeux se remettent à fonctionner. Au travers de petits points verdâtre qui envahissent ma vision pour un moment, j’aperçois un corps par terre, devant moi. Celui de Richard, le nez en sang. Il n’est pas mort (pas encore…), ses épaules sont secouées de sanglots.

—    Pauvre petit fif à sa maman, il pleure…, que je me moque.

—    Et toi, tu crèves! hurle le nom-trop-moche-pour-être-révélé en pointant le canon de son fusil vers moi.

Il appuie sur la gâchette. Je me jette par terre. (Est-ce bien dans cet ordre que se déroulent les choses?) Aucune douleur… Je ne suis donc pas mort. Je reçois pourtant une pluie de sang. En relevant la tête, je constate que c’est le propriétaire de l’endroit qui a reçu la décharge en pleine poitrine. Il reste debout, les yeux grands ouverts, et les mains qui s’agitent dans des gestes frénétiques pour tenter de retenir les tripes de couler. En vain. Je les reçois en pleine figure. C’est chaud. C’est visqueux. Ça sent la merde.

Je ne crèverai pas ici, pas de cette manière! Si le légendaire lutteur mexicain Santo était avec moi, ces gars (en plus de chier dans leur froc) seraient maîtrisés en moins de temps qu’il n’en faut pour crier Ninja! Je ne peux pas finir ici, je ne dois pas… je suis COFFIN JOE! Je crie en me frayant un passage dans les boyaux gluants. Je me débats comme un chat dans l’eau (le chat du voisin que j’avais noyé dans le temps). Sauf que moi, je n’y laisserai pas ma peau. Je ressors dans un cri victorieux. Je vois rouge. Je commence à courir vers l’innommé, les dents serrées comme si elles allaient m’exploser dans la gueule.

Mon ennemi prend peur. Il jette son fusil par terre (quoi? Déjà plus de munitions, mon grand?) et prend ses jambes à son cou pour fuir le monstre que je deviens lorsque je suis furieux. Un vrai enragé! Et en m’inspirant de la chanson d’Aerosmith, Eat the rich, j’hurle à ce connard de bourgeois :

—    JE VAIS TE BOUFFER LE CERVEAU!

Mes jambes s’accrochent dans quelque chose. Je tombe. Mon visage atterrit sur la dureté de l’asphalte. Malgré la douleur, rien ne m’arrêtera! Je me relève encore une fois, comme un zombie. À moins d’un mètre de moi, Richard-sans-nez (ou plutôt Pénis sans gland) me fixe d’un regard haineux. (C’est lui qui vient de me faire une jambette!)

Comment a-t-il osé? Il est mort!

Je sors mon jack-knife, l’ouvre et lui plonge la lame dans le cou.

—    Bouffe ça, mon enfant de chienne!

La pointe déchire facilement la peau. Au fur et à mesure que mon arme s’enfonce dans ses chairs, le salaud gémit comme une fillette. Son sang coule sur ma main. Il me gicle dessus en plus? Je lui crache au visage, comme si c’était celui de la société entière. Ne me contamine pas, salope! Je ressors d’un coup sec le couteau pour mieux le replonger, cette fois-ci, dans son œil droit. La lame rencontre un peu plus de résistance mais je réussis quand même à la faire entrer. Ça coule comme un œuf. Je ris à cette idée (Il faut bien y trouver un peu de plaisir sinon ça devient lassant). Je ressors. L’autre œil maintenant.

Et ensuite, pour couronner mon œuvre post-moderne, je plante le jack-knife dans le moignon qui lui reste de nez.

Richard ne tremble plus, ne bouge plus. Une charogne de moins, il en reste deux! (Ou pour faire une belle figure de style : le pénis est coupé, il reste les deux couilles maintenant! Titre de l’œuvre post-moderne : société asexuée.)

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Rendez-vous le 18 août pour l’épisode 11… Et la boucherie continue!

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5 Commentaires

Publié par le août 15, 2010 dans Uncategorized

 

5 réponses à “B(10)

  1. Donald Plante

    août 16, 2010 at 6:30

    Juste un mot : tabouerre! 😀

     
  2. aveugle

    août 16, 2010 at 1:45

    Est-ce que c’est assez sanglant à ton goût? Ce n’est qu’un début… maintenant, il est devenu une machine à tuer, plus rien de peut l’arrêter!

     
  3. Camille Espresso

    août 16, 2010 at 3:44

    Haha j’aime le fait qu’il ait complètement pété une coche.

     
  4. Mathieu Fortin

    août 16, 2010 at 11:07

    Je te l’avais dit que j’aimais bien ce manuscrit!

    Et j’adore tes titres de chapitres!

     
  5. aveugle

    août 17, 2010 at 5:14

    Camille : oui, et ça va empirer… Suite demain!
    Mathieu : Merci Mathieu! 🙂 Il va falloir que je trouve une manière de le retravailler pour que Vézina l’aime aussi…

     

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