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B(11)

18 Août

Épisode 11

Parce que Vampirella 2 est aussi vicieuse que l’originale.

Bientôt la police va arriver. Je remarque des curieux attroupés à une bonne dizaine de mètre de la zone de carnage. Et que reste-t-il dans cette zone?

Des tables renversées, des VHS baignant dans le sang de cadavres mutilés. (L’image résume bien ce que les grosses chaînes sont en train de faire : saigner à blanc les petites compagnies et éliminer peu à peu ce qui n’est pas du best-seller, du block-buster). Le décompte : Richard mort / Larry Cohen mort (ça fait donc 1 / 1… le match est loin d’être terminé) et bien sûr le pauvre propriétaire qui n’a plus ses tripes.

Où est PM? Je le remarque, à ma droite. Il est debout (donc, vivant!) mais il ne bouge plus. Sa bouche est ouverte. Il ressemble à une statue. Jamais il n’a dû participer à une telle boucherie avant. Moi non plus, mais disons qu’en rêve, je me suis pratiqué longtemps avant aujourd’hui. Et je n’ai même pas encore sorti le gros arsenal!

Mais là, c’est le temps (dans mon esprit joue le riff de Flash of the blade, d’Iron Maiden). Je me tourne vers ma voiture… pour réaliser que Carl vient d’ouvrir le coffre arrière. Non! Comment a-t-il fait? Il tient une barre à clou. Je l’entends rire : « Je le savais qu’il cachait de beaux joujoux! » Je le vois fouiller à l’intérieur. Le salaud! Il ne sait pas ce qui l’attend…

Je cours vers ma Pontiac jaune, saute sur le capot, sur le toit et atterrit de tout mon poids sur la portière de la valise.

— Mon osti de chien!

Crac!

— AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH!

En souriant, j’admire ma nouvelle œuvre : Carl qui fixe ce qui lui reste de bras : deux moignons saignants (et pas à peu près : quelles giclades, mes amis!). Il a même l’air de se demander où sont passé ses avant-bras, ses mains… Quel air stupide!

—    Hé, mognon-man, on ne fouille pas dans mes affaires, que je lui crache au visage.

—    AAAAAAAAAAHhhhh! continue-t-il de pleurer.

S’il avait remarqué les petites lames sur les rebords de la valise, il ne serait pas en train de brailler comme un bébé en ce moment. Et de m’asperger de son sang.

Je lui fous un coup de pied dans la gueule (un peu comme dans les bons films de ninjas mais en moins bien quand même!). Il tombe sur le dos, les deux fontaines sanglantes en l’air. Il crèvera à petit feu. Je descends à mon tour. Comme si j’avais été sourd pendant un instant, je perçois à nouveau les bruits ambiants. Les cris des curieux, les dégueulis de PM et surtout… surtout le grognement du trouvez-lui-un-nom-à-la-fin! Il n’a plus peur de moi, ça paraît, il semble même avoir reprit du poil de la bête.

—    J’ai tué tes deux petits-amis… C’est à ton tour maintenant.

J’entends les sirènes. La police arrive. Il ne me reste que quelques minutes pour en finir avec ce tas de merde. Je me retourne vers mon arsenal.

Des couteaux de boucher, une hache, une machette et ma préférée : la tronçonneuse. Je l’ai baptisé Vampirella 2 parce que, comme l’originale, elle aime mordre ses proies. Je l’ai saisi (sans préliminaire, elle aime ça à la façon brutale) et la brandit devant moi.

—    Amène-toi, pauvre tapette! que je crie en me tournant vers mon ennemi.

Il n’est plus là. Où est-il?

—    Non! gémit PM.

Je regarde vers lui. Mon ennemi juré est derrière lui et l’étrangle avec un ruban de VHS.

—    C’est qui la tapette, maintenant? grogne-t-il, un air maniaque plaqué au visage.

Les yeux de mon ami se révulsent, il manque d’air.

—    C’est toi, que je réponds en tirant sur la corde pour activer Vampirella 2.

Rien ne se passe (je continue quand même d’avancer). Celui-qui-va-en-manger-toute-une éclate de rire.

— Tu n’as plus de gaz, on dirait?

J’arrive juste en face de lui, sans un regard pour le pauvre PM. Il est peut-être déjà mort? (dans ce cas, on se retrouve tous de l’autre côté, je n’en ai plus pour longtemps ici… J’espère qu’ils ont une belle sélection de films en Enfer!).

— Comment tu vas pouvoir me tuer, hein?

Rapidement, j’accote la lame dentée de la tronçonneuse sur le cou du mort-sans-nom (c’est ça, fais ton brave et ne bouge pas!) et je tire la corde à nouveau. Cette fois-ci, elle prend vie, comme une glorieuse reine  morte-vivante!

—    Sale…

Je ne saurais jamais de quel nom il voulait me traiter. Sale con? Sale lavette? Sale… Au fond, je m’en fous : je jubile quand les dents de Vampirella 2 s’enfoncent dans la chair de cet étron. Il rugit comme une truie. Tu n’es plus capable de parler? Je vais moi-même compléter ta phrase :

—    …

Moi non plus, je n’ai pas le temps de dire un mot. Du coin de l’œil, je vois la présence de deux voitures de police. Ils ne m’arrêteront pas les salauds!

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Rendez-vous le 21 août pour l’épisode 12! J’espère que vous aimez votre pop-corn bien rouge!

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2 Commentaires

Publié par le août 18, 2010 dans Uncategorized

 

2 réponses à “B(11)

  1. Donald Plante

    août 18, 2010 at 3:48

    Digne d’un film de série B! La phrase « J’espère qu’ils ont une belle sélection de films en Enfer! » est épique et pourrait devenir un classique! J’adore ta Vampirella 2! 😀

     
  2. aveugle

    août 19, 2010 at 10:44

    Merci! 🙂

     

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