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Pourquoi j’aime l’épouvante et le fantastique

01 Nov

Pour faire suite au billet que j’ai posté hier sur « Pourquoi j’aime l’Halloween », j’ai envie de vous partager ici pourquoi j’aime les genres de l’épouvante et du fantastique (à ne pas confondre avec fantasy).

J’ai deux grands frères âgés de 13 et 10 ans de plus que moi alors c’est eux qui s’occupaient de moi quand j’étais enfant. Quelle chance! Parce que grâce à eux, je me suis développé tout un imaginaire que je n’aurais sans doute pas eu sinon. Ils étaient amateurs du jeu Donjons et Dragons et ils me permettaient de participer avec leurs amis. Je me souviens que je voulais toujours jouer les monstres (un vampire, un monstre des marais, etc) parce qu’ils étaient mystérieux, différents. Ils jouaient aussi avec moi avec mes figurines des Masters of the Universe et encore là, je choisissais les méchants, je les trouvais attirants, intrigants. Avec chacun de ces figurines venait une petite bande dessinée qui montrait le personnage dans une histoire sur son origine mais surtout mettant en scène ses pouvoirs spéciaux. Et je me souviens que je me réveillais pendant la nuit et que je prenais une lampe de poche pour lire ces aventures qui me faisaient rêver à d’autres mondes, des landes mystérieuses, des territoires du crépuscule interdits aux êtres humains…

Là où les créatures de l’ombre attendent leur retour dans notre dimension (j’étais déjà prédestiné à aimer Lovecraft, on dirait) …

Un soir, alors que nous étions réunis (la famille) devant la télévision, nous sommes tombé sur le film Vampire vous avez dit vampire. Ma mère m’a dit : « Es-tu sûr que tu veux le regarder? Tu ne feras pas de cauchemars après? » Et moi, curieux face à ce sentiment mêlant du courage, de la peur et de la curiosité (comme un rite de passage, mes frères en regardent alors si je veux grandir, moi aussi je dois le faire…), je lui ai répondu : « Ben oui, je veux le voir ». C’était la première fois que je regardais un film d’horreur au complet et même si j’ai eu très peur (je croyais dans les jours suivants que mon voisin était un vampire), j’ai été fier de moi d’avoir survécu à cette expérience. Ensuite, il y en a eu d’autres : « La mouche » de Cronenberg qui m’a terrifié longtemps et qui fait encore naître, pour être franc avec vous, des frissons sur ma nuque en y repensant. « Freddy 3 » qui m’a donné bien des nuits blanches après le visionnement et qui a généré bien des discussions dans la cours d’école (je m’en souviens, on était en 3e année du primaire et on se racontait des histoires sur Freddy, comme si cette légende s’était déroulé à Bromptonville et que la nuit prochaine, ça serait notre tour…).

On se racontait bien des histoires, dans la cours d’école. Par exemple : Un des crocodiles vivant dans les égouts de New York a nagé jusque dans les égouts de Bromptonville et il attend qu’on approche d’une bouche d’égout (désolé pour les répétitions…) pour nous manger.  Autre histoire : Il y a un homme à Stoke (petit village près de Bromptonville) qui, la veille de Noël, a pris un scalpel et s’est complètement défiguré, lambeaux par lambeaux, il voulait enlever cette apparence d’humain pour redevenir ce qu’il était avant…

Bref, on aimait se faire peur, comme la plupart des enfants, sans doute.

Mais moi, j’aimais ces histoires, j’aimais ces interdits, ces rites de passage et je suis toujours resté accroché à cet univers, cet imaginaire où rôdent des ombres mystérieuses et fantasmatique, où planent des ambiances surréalistes… où naît le doute entre la réalité et l’ailleurs (doute propre au genre du fantastique).

C’est pour ça que lorsque mon frère Stéphane m’a fait découvrir Lovecraft, j’ai capoté. J’avais 13 ans, et je tripais de plus en plus sur les films d’horreur mais avec Lovecraft, je venais de découvrir un pont avec ce que je recherchais comme ambiance, comme histoires, tout un monde, une mythologie. Non, je n’y croyais pas, à Cthulhu et aux autres créatures mais c’était pour le plaisir des ambiances, du doute des personnages. (Note : même si le fantastique, l’épouvante doit amener le lecteur à douter, à croire et à avoir peur pour que ça marche, moi, ça n’a que rarement fonctionné, avec les livres je veux dire mais ce n’est pas grave, ce n’est pas tellement le but que je recherchais, j’ai toujours continué d’en lire parce que j’aime ces histoires, ces ambiances dans lesquelles je me sens bien, comme si j’étais chez moi au fond…)

J’ai ensuite découvert toutes sortes de collections fascinantes, dans lesquelles je me sentais bien (c’est drôle, non? ces genres sont supposés déstabiliser, rendre mal à l’aise, mais moi, c’est là que je me sens bien). :

– Frissons, éditions Héritage (La Gardienne, Délit de fuite, Le Passage secret, etc…)

– J’ai lu Épouvante. (L’horreur du métro, Le Veur, Spectres, Tu as beaucoup changé Alisson, etc).

– Terreur, chez Pocket. (Train fantôme, Apparitions, Méchant garçon, Fog, Démences, etc)

– Marabout Fantastique (Mémoires de l’ombre, Parlez-moi d’horreur, etc)

(À noter l’excellente collection, plus récente, Milady (des Éditions Bragelonne) qui font un très beau travail de rééditer des classiques des défuntes collections mentionnées ci-haut)

Plus tard,  j’ai découvert qu’il y avait des québécois qui en publiaient. J’ai découvert Patrick Senécal, Joël Champetier et Natasha Beaulieu (chez Alire) ainsi que Claude Bolduc (chez Vents d’ouest) et Frédérick Durand (chez Veuve Noire et Vents d’ouest). Même si les livres lus dans mon adolescence vont toujours demeurer de vrais petits bijoux pour moi (et que de bons souvenirs!), je me suis trouvé davantage dans les livres québécois, tels que « Sur le seuil»,  « La Peau Blanche », la trilogie de Beaulieu, les nouvelles délicieuses de Bolduc ou encore les romans hallucinants de Durand… Parce que, justement, je suis Québécois et je me suis donc tout de suite attaché aux personnages de ces histoires, plus près de moi (autant au point de vue géographique que psychologique).

D’une certaine manière, c’est comme si je tentais, pas à pas, d’un livre à l’autre, d’un film à l’autre, de trouver la porte vers cet ailleurs, vers ces territoires du crépuscule que j’avais entrevu alors que j’étais enfant…

Et vous, pourquoi aimez-vous ces genres? Ou pourquoi vous n’aimez pas ça?

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8 Commentaires

Publié par le novembre 1, 2010 dans Uncategorized

 

8 réponses à “Pourquoi j’aime l’épouvante et le fantastique

  1. Frédéric Raymond

    novembre 1, 2010 at 1:41

    Est-ce que c’est mon histoire que tu viens de raconter? Ah non, c’est vrai, j’ai pas de grand frère… Mais, pour le reste, je me reconnais à la perfection dans ton billet. Je me souviens d’une histoire que j’ai écrit quand j’avais une douzaine d’années, avant même de découvrir Lovecraft, qui racontait comment un monstre sous-terrain quittait sa société d’être immondes pour découvrir le monde d’en haut, qu’il trouvait terrifiant. Moi aussi, plus l’ambiance est macabre, plus je me sens bien, relaxé et à ma place…

     
  2. Carl

    novembre 1, 2010 at 3:09

    Moi, c’est Donjons et dragons qui m’a guidé vers les genres de l’imaginaire. Et c’est le grand frère d’un ami qui nous a initiés ! Il faut comprendre de ça que les grands frères sont utiles ! J’ai moi-même initié mon petit frère comme je l’avais été.
    En fait, qu’on lise de la SF, du fantastique ou de la fantasy, on reste un regroupement marginal qui refuse le monde dans sa stricte réalité. Je crois que c’est ce qui explique qu’on se fâche souvent contre les injustices que d’autres acceptent sans broncher. La SF comme le fantastique critique la société d’une façon unique. Un roman réaliste arrive rarement à cet accomplissement.
    Ok, je pense que si je buvais du café, j’arrêterais tout de suite. J’espère que je n’ai pas eu l’air trop confus…

     
  3. Julie L.

    novembre 1, 2010 at 3:30

    Moi, j’ai un grand frère, mais c’est pas grâce à lui que j’aime l’horreur; je crois tout simplement que c’est venu tout seul de moi ahah Il jouait lui aussi à dongeon et Dragons..mais moi je n’ai jamais voulu jouer; je trouvais ça compliqué et pas très intéressant(peut-être que c’est plus une affaire de gars que de filles :P) Je me rappellerais toujours après avoir écouté un Freddy, j’avais fait un cauchemard où Freddy me poussait du haut d’un tremplin et je tombais dans un trou creusé qui ressemblais étrangement à une tombe lol et il m’enterrait vivant…J’avais eu tellement peur. La poupée Chucky aussi me faisait..tellement que quand le premier est sorti, je voulais pas le voir lol mais je l’ai écouté finalement peu de temps après; épeurant,mais j’avais aimé ça!

    Bien sûr, j’avais beaucoup d’amis qui me racontaient des histoires à faire peur…des soit-disant trucs qui arrivaient pour vrai…comme Marie Blanche..Wijaa…des poupées qui tuaient du monde; des fois je me suis surprise à avoir peur chez-moi que ces choses arrive hihi..

    Pour ce qui est des lectures; j’aime bien Patrick Sénécal;je les aient tous lus à part le tout dernier Hell.com; ces histoires sont « fucké-débiles-effrayantes » J’ai bien aimé les films qui en sont sorties. J’ai découvert aussi une série jeunesse horreur-zombies qui s’appelle Soixante-Six; qui ma foi, est très bien à ma grande surprise. Jusqu’à maintenant je crois qu’il y a trois tomes dans la collection. J’en ai fait la critique sur mon blog du premier tome.

    http://djuwritter.blogspot.com/search/label/R%C3%A9sum%C3%A9%20livre

    Tu m’as donné le goût de lire « Le deuxième gant » de Natasha Beaulieu qui m’as l’air bien selon tes critiques. Je ne connais pas, mais j’ai bien hâte de découvrir. Il y en plein d’autres auteurs québécois que je tarde à lire…vus mes nombreuses lectures à rattraper!!:D Il est sûr, tout comme toi, j’aime l’horreur québécois, car je m’y reconnais moi aussi là-dedans.

    À part ça. j’ai réécouté Hellraiser: le pacte hier; pour mon pur plaisir! Ahhh, les bon vieux films d’horreur; rien ne peut les remplacer(enfin presque). Bref, en général, j’aime bien tout ce qui est épouvante, les films de zombies et autres du même type; j’en ai vus pleins( Freddy-Halloween-Hellraiser-Une nuit en enfer-Braindead etc…)J’aime ça quand il y a du sang et que ça fait frémir l’échine mouahaha!

     
  4. claude b.

    novembre 1, 2010 at 9:59

    Pourquoi j’aime l’épouvante et le fantastique? On dirait que je l’ai cherché depuis que je suis tout petit.

    Avant de me mette à en lire, j’ai fait mon apprentissage devant la télé, à regarder des films qui me faisaient assez peur pour que je m’installe loin de la télé. Les films de la Hammer, les films avec Vincent Price, ces choses-là. La vieille série Au-delà du réel, aussi.

    Les lectures sérieuses ont commencé vers l’âge de 12 ans avec des Belges d’abord, puis les Anglo-Saxons. Et comme la collection Marabout de cette époque nous le permettait, je découvrais aussi des Tchèques, des Français, des Allemands. Plus tard, ayant découvert d’autres collections, j’ai commencé à lire un autre groupe d’auteurs Américains, Robert Bloch en tête. Le plus drôle pour moi avec Lovecraft, c’est que j’ai appris son existence en lisant des fictions d’autres Américains qui parlaient de lui dans leurs histoires (à commencer par Bloch, très certainement).

    Bref, c’est toujours le genre qui m’a plu. Je ne lis pas de fantasy, presque pas de sf, quelques nouvelles noires quand ce sont des auteurs que j’aime. Mais le frisson que je cherche, la petite transgression qui me chatouille l’échine, le vertige qui me fait chambranler, c’est dans le fantastique que je les trouve.

     
  5. Isabelle S

    novembre 3, 2010 at 12:50

    J’ai accédé au genre par la bande. J’ai toujours aimé les contes fantastiques. Étant l’ainée, j’avais personne pour m’initier. Par contre, ma mère écoutait les X-Files, les trucs sur le paranormal, Star Trek, La guerre des étoiles. Elle se tapait tous les films de fantasy : Willow, Le Seigneur des anneaux, la dernière licorne, les Gremlins,… etc. Bref, c’est ma mère qui m’a initié à SFF. C’est plus tard, adolescente que j’ai découvert l’Exorciste, Stephen King, Anne Rice, etc.

    J’étais beaucoup trop fifille pour écouter les Halloweens et compagnie. Quand ma mère nous envoyait nous coucher après Dossier Mystère, je prenais un swing pour ne pas toucher au tapis de ma chambre et tomber directement dans mon lit. Rentrait mes couvertures sous moi pour pas que rien ne puisse me toucher. Tout d’un coup, qu’il y ait quelque chose entre mon mur et mon lit…

     
  6. Camille Espresso

    novembre 3, 2010 at 5:26

    Dans mon cas, mon goût pour l’horreur a pas commencé avec Donjons et dragons, mais avec dequoi d’aussi geek : les cartes Magic. J’avais un deck de noirs. Et oui.
    Les cavaliers noirs de Tolkien me faisaient tripper aussi, même si je voulais pas que Sauron gagne.
    J’écoutais X-files aik mon papa pi j’avais peur dla toune.
    Les romans jeunesses de Denis côté, aussi.
    Jpense que ce que j’aime le plus dans les livres ou les films d’horreur, c’est voir le build-up. J’adore le moment où on sait pas trop ce qui spasse pi que ça met mal à l’aise.
    Moi itou je lis pas de SF (Solaris de Stanislas Lem est fucking bon, je l’avoue), pi encore moins de fantasy, parce que jme dis qu’après Lord of the rings, personne peu faire mieux.
    Je relis mon commentaire pi je fais face à la réalité : chu un geek.
    On est tous des geeks.

     
  7. claude b.

    novembre 4, 2010 at 11:17

    Je pense pouvoir affirmer que j’ai eu mon premier pipi de peur avant l’âge de dix ans, en écoutant Au-delà du réel.

     
  8. aveugle

    novembre 10, 2010 at 3:27

    @Frédéric : On est fait l’un pour l’autre 😉
    @Carl : Bien d’accord avec toi!
    @Julie : Hellraiser est génial. Le deuxième aussi. Je te recommande « May ». C’est, selon moi, le meilleur film d’horreur (psychologique) des 10 dernières années. Et pour Soixante-six, c’est excellent, c’est écrit par mon ami Michel J. Lévesque. 🙂
    @Claude : Très intéressant!
    @Camille : Geek, moi? Pfft! 😉 ;-P

     

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