Tout simplement

Je vous souhaite de passer un bon temps des fêtes.

http://www.youtube.com/watch?v=mxNcFpdlmgE

Je ne crois pas écrire d’autres billets sur ce blogue avant 2011, donc…

http://www.youtube.com/watch?v=JmvKlW5HTT8&feature=related

BONNE ANNÉE!

🙂

 

 

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Marius Mars : la vérité

PÉTITION!

En signant cette pétition (en laissant votre nom dans les commentaires de ce billet), vous désirez comme moi que la personne (homme ou femme) derrière le pseudonyme de Marius Mars se manifeste et nous révèle son identité! 🙂

Allez, sors de l’ombre, enlève ton masque, on veut savoir qui tu es!

Premier nom à la liste de la pétition : Jonathan Reynolds

Nommez-moi une histoire

Il y a quelques années, je me trouvais sur un Mont dont je ne me souviens plus du nom. Alors que le paysage devant moi aurait émerveillé n’importe qui et aurait du m’enchanter… et bien non, j’étais un peu troublé.

Les autres me disaient : « Wow, c’est beau, hein? ». Moi, je me répétais silencieusement : « Quoi? Ce n’est que ça, le Québec? La Terre? Il n’y a rien d’autres que des monts, des plaines, des forêts, quelques rivières et ça et là, des maisons, des villages… parfois des villes plus grandes.»

Je ne saisissais pas trop pourquoi ça me troublait. Je me souviens en avoir parlé avec mon bon ami Guillaume Houle et sa réponse s’est gravée dans ma mémoire :

« C’est parce que tu n’arrivais pas à nommer ces régions, ces villages… Tu n’avais aucun souvenir à quoi associer ces lieux, aucun attachement, aucune histoire qui te reliait à eux. Pour toi, c’était des places sans visage, sans âme. »

Et il avait bien raison.

Non seulement je venais de comprendre ce que j’avais ressenti ce jour-là mais désormais, à toutes les fois où je m’apprête à écrire une histoire, où je veux créer un personnage, où je désire inventer un lieu de toute pièce, je me souviens de ce qu’il m’a répondu cette fois-là.

Parce que le lecteur qui lit une histoire, c’est un peu comme moi sur la montagne qui, si je n’arrive pas à m’identifier à ce que je vois, je m’en fous, au fond et je m’en vais, indifférent. Pareil pour le lecteur, il doit s’identifier au personnage et le suivre dans des lieux concrets, bien dépeints, pour vivre l’histoire que l’auteur lui propose. Et si ça fonctionne, il s’en souviendra et la partagera avec les siens peut-être aussi bien, sinon même mieux, que le souvenir d’une belle journée vécue.

Les histoires ont toujours été importantes pour l’être humain. Depuis le début de l’humanité. Et ces histoires, elles circulent, se renouvellent, meurent ou survivent selon l’intérêt qu’on leur porte, selon la passion qu’on leur transmets, selon le nom qu’on leur donne.

Insuffler la vie avec les mots.

Pour moi, ce qui a du sens, c’est quand les choses ont un nom, un visage, un vécu, des souvenirs, une histoire. C’est là où naissent les légendes.

Ça ne sert à rien, par exemple, d’insérer mille dragons ultra-dangereux dans votre roman de fantasy, suggérez-en un, un qui possède un nom, un nom que les villageois chuchotent, de peur de le réveiller, son nom devient légende, une terrible légende. Peut-être que ce fameux dragon n’apparaîtra jamais dans votre histoire mais le lecteur se rappellera que cette région avait vraiment la trouille de ce fléau qui, sans même être présent, impose un contexte de tension dans l’intrigue. Ou encore qu’il paraît que dans le village de l’autre côté des collines, il y aurait un forgeron du nom de Main-de-fer, un ancien mercenaire qui aurait combattu des centaines d’hommes à lui seul grâce à son redoutable poing en acier forgé. Peut-être qu’il n’apparaîtra pas, lui non plus, dans l’intrigue mais de mentionner un tel personnage apporte de la vie aux lieux, apporte des légendes, une histoire.

Lovecraft l’avait bien compris avec son Cthulhu.

Et, de nos jours, de façon purement terre à terre, les équipes de hockey l’ont bien compris : même moi, qui ne regarde pas le hockey, je sais qui est Kovalev, j’ai entendu mille fois le nom de Maurice Richard. Pourquoi les joueurs de hockey deviennent souvent des héros auxquels les Québécois s’accrochent tant? Parce que les médias véhiculent leurs exploits, leur nom, comme dans le roman fictif de fantasy mentionné plus haut les gens parlaient du redoutable dragon ou de Main-de-fer.

Parce que quand on a un nom, on existe. Un nom, c’est le début d’une histoire, d’une vie.

 

Dans ta tasse, des mots

Tu te lèves, tu te prépares un café. Goût fade, matin gris.

Qu’est-ce qui manque dans ta tasse pour colorer ta journée?

Et c’est là que le souvenir, comme une effluve un peu timide se réveillant d’un passé oublié, se manifeste en toi. Celle du Café des Mots, oui, oui, le même que te parlait ton père quand il te bordait  et qui, au fil des soirs, au fil des détails qui nourrissait ton imaginaire.

« Mon fils, si tu passes par la Grand’Ville, il ne faut pas que tu restes sur la Main, explore les p’tites ruelles pis un moment donné, tu vas, comme ça m’est arrivé à moi il y a bien longtemps, tombé sur le Café des Mots. C’t’une toute p’tite place, tu vas voir. De dehors, ç’a même l’air assez laite. Mais une fois que tu passes la porte d’entrée, fais pas le saut, ça fait tout un boucan, on dirait une femme qui hurle tellement elle grince, ben, une fois que t’es en dedans, tu vas voir, c’est beau. C’est rien de ce que t’as été habitué à voir, rien de récent, rien de neuf. Tout sent le passé, mais pas la nostalgie, le bon temps où les gens prenaient le temps de se raconter des histoires. Parce qu’à ce Café-là, mon fils, y a juste des poètes, pis des conteurs qui savourent un bon café, non, non, pas un bon, le meilleur. Parce qu’y est faite de mots, des mots savoureux comme t’en as jamais entendu… Des mots justes, des mots épicés, des mots qui font rêver. J’y ai juste mis les pieds une fois dans c’te place-là mais j’te jure que c’est la plus belle place que j’ai vu de la vie pis le meilleur café que j’ai goûté. Si jamais plus tard, tu te sens perdu, rappelle-toi de c’que je raconte-là pis essaie de trouver ce Café-là. Y va te remettre sur le bon chemin, celui qui a du sens pour toi. »

En grandissant, tu avais oublié l’existence de cette place. Tu te sentais même de plus en plus perdu, comme il l’avait prévu. Mais c’est seulement ce matin que tu t’en rends compte, que tu mets le doigt sur la faille, sur l’arrière-goût.

Ce qui manque dans ta tasse, c’est le Café des Mots.

Ce qui va colorer ta vie, à présent, c’est la recherche de ces effluves poétiques. Parce que ton père t’avait bien dit de ne pas seulement rester sur la Main, une fois dans Grand’Ville et tu ne l’as pas écouté. Tu es resté là toute ta vie, à errer autour ce cette artère, comme moi.

Si jamais ça te dit de quitter un peu la Main et que tu le trouves, ce Café-là, tu pourrais m’y inviter? Moi aussi, j’aimerais y goûter.

Ma réponse… un an plus tard.

Billet en réponse au billet d’hier sur ce blogue-ci.

« Mon cher Jonathan,

Tu avais visé juste sur certains points dans tes prévisions pour l’année 2010. Premièrement, j’ai effectivement pu quitter ma job de commis-libraire au Archambault de la succursale du Vieux-Québec au mois de mars, me permettant ainsi de participer au Salon du Livre de Trois-Rivières au complet, ainsi qu’à celui d’Edmunston et de Québec.

J’ai été chanceux, les étoiles étaient toutes alignées il faut croire, car les Éditions Z’ailées cherchaient justement quelqu’un pour les aider pour ces évènements. J’ai sauté sur l’occasion et elles m’ont demandé si je pouvais continuer à travailler pour elles dans les salons du livre de l’automne, ce que j’ai fait avec grand plaisir! Une vraie tournée des salons en bonne et due forme qui m’a fait découvrir la belle ville de Rimouski. Ainsi, je n’aurai pas eu besoin de me trouver un autre emploi qui m’aurait empêché de participer à ces salons. Le meilleur des deux mondes.

Aussi, au printemps, j’ai figuré parmi les auteurs invités du Congrès Boréal où j’ai participé à quelques tables rondes et où j’ai lu devant public deux de mes nouvelles.

Par contre, lorsque j’ai soumis les manuscrits X et Y à MV, je n’ai pas reçu de réponse aussi vite que je l’aurais pensé.

Ça a prit quelques mois, au Salon du Livre de Trois-Rivières où je l’ai rencontré en personne. Il m’a dit : « bonnes histoires mais retravaille-moi ce style là. Ça a besoin d’un bon coup de rabot ».

Quant à lui, le manuscrit Z n’a jamais été envoyé, je l’ai plutôt retravaillé en nouvelle que j’ai partagé sur mon blogue sous le titre « La prochaine Alice ».

Pour les manuscrits X et Y, j’ai retravaillé comme il me l’a demandé. Plus précisément : le manuscrit Y a perdu de sa longueur et ne cadrait plus avec les politiques éditoriales de MV donc je l’ai partagé sur mon blogue sous forme de feuilleton l’été passé, sous le titre « B ».

Et qu’en est-il du manuscrit X? Je le retravaille encore et plus je le retravaille, plus je pense qu’il pourrait davantage correspondre pour JP que MV. L’intrigue prend davantage une tournure lente et classique que dans la version que j’avais soumise à MV.

Finalement, la publication de « La nuit du tueur » s’est faite en même temps que « Pages de terreur » qui ont tous les deux très bien marché en salons du livre. Pour les librairies, je n’en ai aucune idée.

Au cours de l’année 2010, j’ai plus saisi ce que je voulais faire de mon blogue et depuis, je poste des billets plus personnels au lieu de m’en tenir à la surface des choses comme je pouvais le faire en 2009.

Bref, l’année de mes trente ans a été la meilleure depuis longtemps. Ce que j’ai semé commence à porter fruit. Je souhaite que cette belle lancée continue en 2011…

Bon, je te laisse. Prends soin de toi et à l’an prochain!

Jonathan Reynolds »

Lettre à mon meilleur ami

C’est ainsi que j’avais intitulé une lettre que j’avais écrite à moi-même en décembre 2009 et que je ne devais pas relire avant décembre 2010.

Je viens de la redécouvrir en fouillant dans une boite. Et en voici le contenu, principalement des attentes que je caressais par rapport à mon année 2010 (attention, il y a des fautes mais je la transcris telle qu’elle est) :

« Salut mon meilleur ami,

Ça fait longtemps que je t’avais pas écrit. Je profite de la fin de 2010 pour le faire. 2010 a été remplie de belles surprises. En janvier, j’ai reçu une réponse positive par rapport au manuscrit X. MV avait vraiment vu le potentiel dans mon écriture. Aussi, en janvier, j’avais soumis un deuxième manuscrit, Y, à la même maison d’édition qui a également été accepté pour publication. Donc, le manuscrit X, après une réécriture, a été publié à l’automne 2010 et Y le sera au printemps 2011.

Dans le courant du mois de février, je lui ai soumis un troisième manuscrit, Z, qu’il a trouvé très original et intéressant, il sera publié dans le courant de 2011.

Du côté des éditions Z’ailées, mon court roman « La nuit du tueur » est paru au printemps 2010 à l’automne 2010 est paru mon nouveau Zone Frousse, « Pages de terreur ». En parlant de Zone Frousse, la collection marche de mieux en mieux et au printemps, j’ai reçu un montant intéressant en droits d’auteur.

Ça m’a permit de pouvoir quitter le Archambault au début du mois d’avril pour ainsi pouvoir assister au Salon du Livre d’Edmunston en tant qu’invité et au Salon du Livre de Québec à tous les jours (les deux évènements ont été une vraie réussite). Aussi, le Salon du livre de Trois-Rivières a été un vrai succès et les retombées ont été très positives. De nouveaux lecteurs, de nouveaux contacts et des nouvelles portes ouvertes.

Au printemps, j’ai écrit un manuscrit pour JP que je lui soumettrai au début de 2011.

À Montréal, on a trouvé un bel appartement, et j’ai pu trouvé un emploi que j’aime et qui ne m’a pas empêché d’aller aux salons du livre de Saguenay, de l’Estrie et de Montréal.

Bref, 2010 a été une très bonne année pour moi, qui a merveilleusement continué la belle lancée entamée en 2009. J’ai travaillé fort et maintenant, ça commence à porter fruit.

Bon, je te laisse. Prends soin de toi.

À bientôt,

Jonathan Reynolds »

***

Ça m’a fait drôle de relire ça. Demain, je vous ferai un petit compte rendu des vraies choses qui se sont déroulées en 2010.

 

Pourquoi?

Dernièrement, j’ai vécu une période de doutes, de questionnements sur plein de trucs. Des remises en question personnelles, comme on en fait tous, quoi! 🙂

Courte période qui est habituellement la suite des salons du livre, la fatigue qui retombe et tout.

Pourquoi et pour qui Les Six Brumes? Pourquoi et pour qui mes histoires? Pourquoi et pour qui les tournées de salons du livre?

Pourquoi tout ça au lieu de choisir la stabilité d’une vie qui serait plus stable, justement?

Et je me sentais tellement loin de la création, même si j’écrivais quelques lignes par jour (je n’écris pas tellement vite, ça, c’est normal), on dirait que je ne savais plus pour qui je le faisais vraiment.

Et là, aujourd’hui, alors que je reviens des 3 conférences que j’ai données à l’École Secondaire de Bromptonville (journée qui s’est très bien déroulée, en passant… je vous le dis : c’était trippant! J’y retournerais n’importe quand.), j’ai enfin retrouvé après quelques jours d’errances entre la fatigue et les questionnements, la petite flamme qui fait tellement du bien à l’intérieur quand elle s’allume.

Et là, je me suis souvenu pour qui je fais tout ça (parce que ce n’est pas juste pour moi) : c’est pour vous.

C’est  pour toi qui prend le temps de venir me lire à tous mes billets. C’est pour toi qui prend la peine de venir me jaser dans les salons. C’est pour toi qui s’intéresse à ce qu’on fait, à ce que je fais. C’est pour cette lueur qui brille dans le regard des élèves quand je leur parle de ma passion, quand je leur lis une histoire et que je les sens suspendus à mes lèvres.

La même lueur, je la perçois dans vos yeux.

Et c’est pour ça, que je veux continuer. Parce qu’est trop beau à voir.

C’est intense à vivre. Et ça m’inspire pour la suite des choses.

Merci, un immense merci à l’ESB pour la belle expérience d’aujourd’hui et pour avoir rallumé ma flamme.

Et merci à vous, à toi, d’être toujours au rendez-vous pour lire mes billets.