Lecture no.12 : 13 histoires diaboliques

Titre : « 13 histoires diaboliques »

Auteurs : Stephen King, Paul Hazel, Dennis Etchison, Clive Barker, Thomas Tessier, M. J. Harrison, David Morell, Peter Straub, Charles L. Grant, Thomas Ligotti, Ramsey Campbell, Whitley Strieber, Jack Cady

Éditeur : Pocket

Collection : Terreur

Année de parution : 1992

 

Résumé de quatrième de couverture : « Aujourd’hui, vampires et monstres ne sont plus seulement parmi nous. Ils sont en nous. Atrocement, irrémédiablement humains.

Un reporter de faits divers sanglants, plus sanguinaire des vampires… Un peintre génial et fou dont la création recèle des secrets mortels… Des cauchemars d’enfants exorcisés à l’occasion d’un deuil… Une piscine qui s’ouvre sur un autre monde… Une nuit de violence et de peur dans un cimetière indien profané. »

 

Commentaire de lecture : Avant de commencer cette lecture, j’étais mitigé : j’avais bien hâte, j’adore les recueils de nouvelles d’épouvante mais, en même temps, j’avais peur que ce ne soit qu’un ramassis de clichés sans grande originalité.

J’ai été surpris pour plusieurs raisons. Tout d’abord, j’ai l’impression que dans ces pages ont été réunis les meilleures histoires (ou presque) de chacun de ces maîtres de l’horreur. Le titre original (Prime Evil, paru en 1988) nous informe, en quelque sorte, de ce à quoi le lecteur sera confronté : des manifestations d’un mal originel, troublant, sans limite… et ce mal, il est dans chacun de nous. Dans ce recueil, les pires monstres ne sont pas issus d’un imaginaire ténébreux… ce sont les êtres humains. Bon, aujourd’hui, ça peut sembler dépassé mais il n’est pas paru de nos jours non plus, ce livre.

Chacune des nouvelles présentent des personnages intéressants, aussi attachants que dangereux, mais aussi, et surtout, un style bien maîtrisé (et pour une fois, dans ce genre de livre, la traduction française ne m’a pas paru défaillante). Plusieurs histoires mettent en scène des écrivains (ou artistes) qui se questionnent sur leur métier, sur l’écriture, sur le milieu… Je ne m’attendais pas à ça : en plus des frissons promis, j’ai eu droit à des réflexions pertinentes sur mon propre cheminement d’auteur.

Des cauchemars qui donnent la frousse. Une frousse qui ne vous lâchera pas de sitôt.

Une belle surprise, dans mon cas.

 

Rivières de l’imaginaire

La semaine passée, j’étais présent au Salon du Livre de Trois-Rivières. Cela fait quelques années que j’y vais et à chaque fois, je suis agréablement surpris, je l’aime un peu plus à chaque visite!

Ma plus belle surprise, c’est Yanik Comeau qui me l’a fait en ouvrant le tome 4 de sa série Les Enfants Dracula : « À mon ami Jonathan Reynolds, un complice bien vivant, qui m’a emmené si gentiment vers les non-morts. » Wow! Un livre dédié à mon nom! 🙂 🙂 🙂

Et ça faisait un bout de temps qu’il n’y avait pas eu autant de monde derrière le kiosque des Six Brumes (Guillaume Houle, Mathieu Fortin, Carl Rocheleau, Dominic Bellavance)… et donc, devant : ça a été le meilleur salon depuis longtemps!

J’ai rencontré plein de lecteurs, revu des amis, collègues et mis un visage en chair et en os sur certains blogueurs qui n’étaient pour moi que virtuels, dont Sylvie Gaydos et Isabelle Simard.

Deux moments forts du salon :

1) mini-congrès Boréal au kiosque des Z’ailées : et oui, une bonne dizaine de gens du milieu de la SFFQ se sont rencontré autour de la table de signature de Pierre H. Charron (L’incident) pour jaser littérature de l’imaginaire.

2) lancement des livres d’Ariane Gélinas (L’enfant sans visage) et de Michel Châteauneuf (Bad trip au 6e ciel) où il y avait beaucoup, beaucoup de gens, dont la gang de Brins d’Éternité… soirée qui s’est continué jusque chez Michel Châteauneuf pour un après-lancement haut en couleur. De belles discussions, je vous le dis!

Un IMMENSE merci à mon ami d’enfance Sébastien pour m’avoir si gentiment hébergé, nourri, fait visiter le coin, etc, etc, etc.

Un GROS merci à Frédérick Durand et Ariane Gélinas pour avoir partagé avec Guillaume Houle et moi un coin de votre antre cauchemardesque (chats infernaux inclus!).

Question et Salon

– QUESTION –

Quand je rencontre des lecteurs dans les salons du livre, il y a souvent une question qui revient, à laquelle je vais répondre ici :

As-tu beaucoup de livres chez toi?

Pour être franc, pas tant que ça. J’ai une bibliothèque qui contient ceux que j’ai lu et que je veux garder et une autre bibliothèque avec ceux qui me restent à lire. En tout, ça ne doit pas dépasser 200… Je connais beaucoup de gens dont les collections se rendent dans les milliers de livres. Mais je n’aime pas accumuler pour rien, mon but n’est pas de fonder un musée. Je ne garde que ce qui me parle le plus. Les autres, je les donne pour les faire voyager. Et, depuis quelques années, je n’achète que des livres d’auteurs québécois que je rencontre en salons. Les autres, je les emprunte à un ami ou à la bibliothèque publique.

– SALON –

En parlant de salon du livre, il y en a justement un cette semaine où je serai présent : le Salon du livre de Trois-Rivières. Ça fait plusieurs années que j’y rends avec grand plaisir. Une ville où la culture est vivante… contagieuse! À chaque fois, j’en reviens sourire aux lèvres, inspiré.

Je serai en tout temps au kiosque (28) des Éditions Z’ailées pour promouvoir mes romans (Cris de sang, Déguisements à vendre, Pages de terreur) de la collection Zone Frousse, ma novella (La nuit du tueur) dans la collection Série Obzcure ainsi que mon recueil de nouvelles Épitaphes.

Mes autres livres (Ombres, Nocturne et Silencieuses), publiés aux éditions Les Six Brumes seront présents au kiosque 25 tout au long du salon.

Au plaisir de s’y rencontrer!

Pour plus d’informations sur cet évènement, c’est par ici.

Lecture no.11 : Pandémonium Cité

Titre : « Pandémonium Cité »

Auteur : David Bergeron

Éditeur : Coups de tête

Année de publication : 2011

 

Résumé de quatrième de couverture : « Philippe revient d’un voyage en Europe où il est parti oublier une rupture douloureuse et aussi échapper à la mort de son père. Il constate que son quartier a bien changé : des gothiques armés arpentent les ruelles, d’étranges hommes occupent l’église catholique abandonnée et ce avec, semble-t-il, l’aval de la police. Avec son ami Vlad, un rescapé de la guerre des Balkans, Philippe se retrouve au cœur d’une conspiration sataniste. Des chèvres seront sacrifiées, des hommes tenteront de faire d’anciens dieux disparus, et tant Philippe que Vlad risqueront leur vie pour empêcher les conspirateurs de mener à bien leur projet. Ils ne savent pas encore que c’est l’enfer qui les attend. David Bergeron signe ici un premier roman écrit de main de maître, dans lequel il nous tient, haletant, les fesses sur le bout de notre chaise. »

Commentaire de lecture : Dès que j’ai vu la couverture de ce roman, j’ai été intrigué. Rouge vif. Un pentagramme inversé au centre duquel apparaît un oeil et derrière, un visage à l’air malsain. Et puis, le titre, « Pandémonium Cité » m’a rapidement séduit. Aussi, je n’avais jamais lu de David Bergeron (avant ce roman, il a publié trois livres chez Écrits des Forges) et je suis toujours curieux de découvrir un auteur que je ne connais pas.

Et dans ce cas-ci, ça a été une belle surprise.

La plume de Bergeron, un style sans fioriture inutile, va directement au but : celui de nous faire passer un sacré bon moment. On entre dans l’intrigue en suivant Philippe, un personnage principal attachant, vrai, aux blessures récentes.

« Il rentre chez lui, roule son premier joint de la journée et essaie de ne pas penser à ce que Jeanne aurait voulu lui dire sur le répondeur, à tout ce que Jeanne a gardé pour elle au fil des années parce qu’il n’était pas disponible, parce qu’il n’y avait pas de place pour elle dans son labyrinthe. »

Et rapidement, on le suit au fil de ses investigations, aidé de son ami Vlad, pour comprendre les évènements insolites qui dénaturent son quartier. Qui sont ces gothiques qui hantent les rues environnantes? Et qu’est-ce qui se passe dans l’église abandonnée? Même si un lecteur habitué à ce genre de récit peut deviner certaines des réponses à ces questions, ça n’en demeure pas moins une histoire au suspense palpitant, bourré d’action, et qui se lit à un rythme infernal.

« Dans le rétroviseur, il avise les phares de véhicules d’urgence qui s’approchent et un visage couvert de sang. Foutre le camp. Ne pas se faire prendre. »

Sans vendre la mèche, je peux vous dire que les passages qui se déroulent dans Pandémonium Cité, l’enfer intérieur de Philippe, sont particulièrement intéressants par leur symbolisme et l’ambiance onirique qui s’en dégage.

Un bon petit roman fantastique que je vous recommande sans hésiter.

Oserez-vous entrer dans le terrible labyrinthe de « Pandémonium Cité » et surtout : parviendrez-vous à en sortir vivant?

Exposition surréaliste portable

Je vous propose de visiter le musée le plus étrange du monde où 4 expositions aussi macabres que fantastiques s’offrent à vos yeux, à votre esprit qui n’en oubliera jamais l’expérience.

En plus, ce petit musée peut se transporter aisément et il emprunte la forme d’une machine.

Vous n’avez pas besoin d’aller bien loin… chez votre libraire.

« La Machine du Bonhomme Sept-Heures », magnifique livre, présente des adaptations en bandes dessinées de 4 histoires de Claude Bolduc, maître de l’épouvante au Québec.

Plus qu’un simple album de bandes dessinées, ce collectif publié par Première Ligne propose des cauchemars visuels dont chaque page est une oeuvre d’art en soi.

Sous la direction de Christian Quesnel, les artistes Aline Bégin, Anik Deslauriers, Danielle Grégoire, Guy Jean, Dominique Laurent, Marie-France Thibault et Stanley Wany dépeignent 4 des meilleures histoires de Bolduc : « De l’amour dans l’air », « Oeillades », « Regarde-moi » et « Il ne faut pas que je dorme ».

Visions sombres, promenades oniriques, petit musée surréaliste… peu importe le nom que vous lui donnerez, cette « Machine du Bonhomme Sept-Heures » est tout sauf de la BD conventionnelle.

J’ai adoré. Et vous, quand visiterez-vous cette exposition fantastique?

De retour du sous-sol

Une belle fin de semaine que j’ai vécu, au Salon du disque indépendant et des arts underground!

Beaucoup de nouveaux visages, de belles discussions et d’intéressantes découvertes culturelles.

Entre autres :

– Les talentueuses photographes Meryem Yildiz et Lisa Claire Howarth

– Actualités métal et post-everything depuis 2008 : Pelecanus.net

– L’atelier coloré La bourgeoise sérigraphe

– D’excellents groupes musicaux : Hotel Morphée, Esker Mica et Will Driving West

– Et mon coup de coeur personnel va à un musicien qui fait de l’incroyable ambiant onirique, sombre, texturé : Thisquietarmy

Merci à toutes celles et tous ceux qui sont venus à cet évènement qui prouve que la culture n’est pas seulement celle qui passe à la radio ou à la télé.

L’an prochain, venez y faire un petit tour, vous aussi, ça vaut la peine et c’est gratuit!

Lecture no.10

Titre : « La maison au fond de l’impasse »

Auteur : Frédérick Durand

Éditeur : Vents d’ouest

Année de publication : 2011

Résumé de quatrième de couverture : « La vie de Marc Leblanc bascule lorsqu’il perd son emploi et sa compagne. Pris de crises mystiques qui le poussent à appeler Dieu à son secours, il constate bientôt que ses prières sont inutiles. Déterminé à ne plus souffrir et à retrouver son équilibre, Leblanc décide alors d’agir selon les volontés du diable, convaincu que Satan, lui, saura le remercier en le comblant de bienfaits… Mais le diable est un maître exigeant qui ne saurait se contenter de peu. Jusqu’où peut-on jouer son jeu sans perdre bien plus que sa raison?

À la fois roman psychologique et thriller fantastique, ce récit qui se couvre parfois d’un voile onirique raconte la dangereuse quête métaphysique d’un homme dont la rupture avec le quotidien s’accroît chaque jour davantage.

Frédérick Durand a publié douze romans, un recueil de nouvelles et trois recueils de poésie chez différents éditeurs, de même que des nouvelles, des articles et des comptes rendus, en anglais et en français, pour divers périodiques. Son recueil d’histoires fantastiques À l’intention des ombres a été récompensé par le Prix Jacques-Brossard et par le Prix de littérature Clément-Morin. »

Commentaire de lecture : Dans un précédent billet, j’avais dit que j’achèterais ce roman au Salon du Livre de Trois-Rivières mais je n’ai pas pu m’empêcher de me le procurer au Salon de l’Outaouais quand je l’ai aperçu dans le kiosque des éditions Vents d’Ouest.

Ce n’est un secret pour personne, l’auteur Frédérick Durand est l’un de mes auteurs préférés, toutes nationalités confondues et chacun de ses livres réussit à me surprendre tant par le style aussi maîtrisé que poétique que par cet imaginaire unique et sans limite.

Pourtant, à chaque fois, j’ai peur que le prochain me fera décrocher comme ça m’est arrivé avec certains auteurs au cours de mes lectures.

Et bien, ce n’est pas avec « La maison au fond de l’impasse » que ça arrivera, heureusement! Le petit dernier de Durand est excellent, aussi bon que « La nuit soupire quand elle s’arrête » et que « À l’intention des ombres ». L’intrigue rappelle les classiques de la littératures fantastique comme « Le Horla »  de Maupassant, par exemple, où un individu est tourmenté par d’horribles doutes : est-il en train de perdre peu à peu la raison ou s’il y a vraiment une présence surnaturelle, voire diabolique, dans sa maison?

« J’habite dans une maison bizarre, anguleuse, tout droit sortie d’un rêve fiévreux. »

Comme dans les autres livres de Durand, l’ambiance, à fois terrifiante et surréaliste, s’installe sournoisement, tangible et digne des meilleurs films de Jean Rollin, Dario Argento et Lucio Fulci (avis à ceux qui recherchent des romans empreints de cette ambiance particulière, onirique, étrange, hors de ce monde).

L’écriture happe le lecteur dès les premières lignes et l’amène dans un état presque hypnotique, par des répétitions, des ritournelles bien pensées, des symboles issus du monde du rêve, un rêve glacial où « la nuit gratte à la fenêtre pour entrer »…

On entre aisément dans l’histoire mais on en ressort troublé, contaminé par les sombres visions – cauchemars? – du personnage principal Marc Leblanc. La finale est surprenante, grandiose, et restera gravée en moi encore longtemps.

Et vous, répondrez-vous à l’invitation de Frédérick Durand? Oserez-vous entrer dans l’univers fantasmagorique de cette maison au fond de l’impasse?

Combien il te faut?

Suite à la lecture de quelques excellents billets de mes collègues Dominic, Geneviève et Mathieu sur le métier d’écrivain vs la passion, voici ma réflexion/réponse :

C’est sûr qu’au Québec (à moins que ton chum, ta blonde, ton chien gagne un excellent salaire qui vous supporte tous les deux ou que tu gagnes à la lotterie), la meilleure manière que je vois est d’avoir une petite job ou un emploi à côté pour ne pas laisser le stress, l’insécurité financière contaminer la passion d’écrire, sinon tu vas écrire des trucs qui ne viennent pas du coeur mais de la tête.

Un jour, Mathieu m’a donné le meilleur truc sur l’écriture que j’ai entendu de ma vie : « Crisse Jo, quand est-ce que tu vas écrire avec tes tripes? » Merci M, car, depuis ce temps, c’est avec ce que j’ai à l’intérieur, ce que je suis, que j’écris.

La principale qualité qu’il faut avoir, je crois, c’est de la patience. Les gens parlent comme si ça faisait trente ans qu’ils faisaient leur métier… Laissez-vous une chance. Auteur, c’est une vocation puis ça peut devenir un métier avec le temps, à long terme.
Il y a toujours un petit quelque chose qui me chicote quand les gens disent : réussir, gagner leur vie avec l’écriture…

C’est que, comme tu le sais déjà, c’est tellement relatif, gagner sa vie. C’est propre à chacun. Pour toi, par exemple, c’est combien d’argent?

Combien il te faut pour vivre?

Parce que, pour quelqu’un d’autre, ça peut être totalement différent (exemple : si la personne a une grosse maison, un chalet, trois voitures, 15 enfants à nourrir, s’il fume un paquet par jour, si, pour être heureux, il doit voyager trois fois par été, une nouvelle garde-robe par saison, des repas au resto à chaque jour, etc)
C’est de se demander à quoi servira l’argent gagné avec une histoire, un bouquin, etc. À payer une nouvelle souffleuse, celle de l’an passé n’est plus à la mode? Il y en a qui stress pour leurs ventes de livres car ils doivent rembourser leur semaine de rêve dans les tropiques… 😉

Heille, ça va faire, vis selon tes moyens! 🙂

J’ai l’air d’exagérer mais, comme tu en connais toi aussi de ces gens-là, ceux qui dépensent bien au-dessus de leur moyen et pour qui gagner leur vie en tant qu’auteur est impossible car ils ont besoin de trois fois plus que d’autre pour arriver.

C’est de s’asseoir face à soi-même et de se demander : qu’est-ce que je veux vraiment, au fond? Qu’est-ce que j’attends de ma vie?

Et l’autre truc, c’est de savoir que ce n’est pas tant les ventes de livres qui paient (à moins de figurer parmi les best-sellers) mais les rencontres dans les écoles, les conférences, bref, les éléments qui entourent le livre en soi. Comme si le livre devient, en quelque sorte, une carte de visite de l’auteur qui signifie : hé, moi, je fais tel type d’histoire et je peux parler de mon métier si ça vous intéresse. C’est de communiquer sa passion à d’autres, jeunes ou moins jeunes…

Pourquoi je continue à publier dans des fanzines, dans la petite presse? Pour le plaisir. Pour le fun. Parce que j’aime ce milieu de la SFFQ et sans lui, je ne deviens, selon moi, qu’un rouage parmi tant d’autres dans la machine ADULTE ET PLATE des ÉCRIVAINS QUI SE PRENNENT AU SÉRIEUX ET QUI CONSIDÈRENT LEURS COLLÈGUES COMME DES COMPÉTITEURS.

Et bien, sachez que quand je viens vous parler en salons du livre ou ailleurs, ce n’est pas en tant que compétiteurs (la compétition, j’en ai rien à foutre) mais en tant que collègue, qu’ami. Parce que je suis simplement content de jaser un peu avec vous.

Le jour où je n’aurai plus de plaisir à écrire, j’arrêterai. Mais ce ne sera pas pour une question d’argent. Un rêve, une passion, ça ne se calcule pas en $.

Lecture no.9 : L’Arbre de l’Été

Titre : « La Tapisserie de Fionavar tome 1 : L’Arbre de l’Été »

Auteur : Guy Gavriel Kay

Éditeur : Alire

Année de publication (de la version française chez cet éditeur) : 2002

Résumé de quatrième de couverture : « Ils sont cinq, femmes et hommes, tous Torontois; ils sont jeunes, étudiants ou professionnels, tous rationnels. Or, les voici projetés dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n’est qu’une ombre bien pâle!

Malgré la protection offerte par Mantel d’Argent le magicien, ils sont aussitôt pris dans les premières escarmouches de la guerre qui oppose les forces des Lumières à celles des Ténèbres. Car Rakoth Maugrim, le dieu renégat, a trouvé moyen de se libérer de sa prison millénaire.

Le Grand Royaume du Brennin, où ont abouti nos cinq jeunes héros, est la première cible de Maugrim. Une proie facile, puisque le vieux roi n’a pas renoué les liens tissés par ses ancêtres avec les puissances bénéfiques de l’Arbre de l’Été. Une proie facile, à moins que le roi ne s’offre en sacrifice à ce dernier, ou qu’une autre personne ne le remplace.

L’Arbre de l’Été : le premier volume de La Tapisserie de Fionavar, l’autre grand classique, avec Le Seigneur des anneaux, de la fantasy moderne. »

 

Commentaire de lecture : Pour cette neuvième lecture, j’ai triché un peu… c’est, en vérité, une relecture. Mais 3 raisons motivent mon choix :

1) Ça faisait un bon bout de temps que je voulais lire le troisième et dernier tome et tant qu’à le faire, autant relire le premier et le deuxième (qui représentera une de mes lectures hebdomadaires futures)

2) J’avais oublié le 3/4 du livre, vu que ma lecture remontait à 2002.

3) Et surtout : pourquoi se priver d’un tel plaisir? C’est un chef d’oeuvre.

Je ne suis pas un grand lecteur de fantasy mais quand j’aime un livre de ce genre, je l’adore. Habituellement, dans la plupart des autres sphères de ma vie, je tente de trouver un juste milieu, une zone grise… mais quand il s’agit de fantasy, je deviens beaucoup plus catégorique : j’aime / j’aime pas.

Pourquoi j’aime « L’Arbre de l’Été »?

Parce qu’au-delà de l’habituelle opposition bien/mal de la plupart des histoires de ce type, il y a une complexité dans l’intrigue, une poésie dans le style d’écriture (et la traduction de l’anglais au français par Élisabeth Vonarburg est menée de main de maître) qui offre des descriptions précises et imagées, des personnages attachants et à la psychologie bien développée (on est loin du preux chevalier sans défaut qui vient sauver la pauvre princesse…), un univers créé de façon aussi imaginative que logique et une utilisation de la magie qui est originale et qui la rend précieuse.

En fait, dans cette histoire, chaque élément est précieux, et rien ne doit être prit pour acquis… surtout pas les personnages dont les sacrifices et décisions peuvent facilement les mener à la mort.

Ce roman ne représente pas, à mon sens, une énième copie du Seigneur des Anneaux, contrairement à nombre de séries parues depuis des années. La Tapisserie de Fionavar a vu le jour en 1984 en langue anglaise alors que, oui, bien sûr, le Seigneur des anneaux existait mais ne connaissait pas nécessairement le succès commercial des années 2000 suite à l’adaptation sur grand écran. Je n’ai rien contre Tolkien, j’ai adoré son oeuvre mais je ne suis pas  intéressé à en lire les millions d’émules qui existent…

C’est pourquoi, si ce n’est pas déjà fait, vous devez lire « L’Arbre de l’Été », premier volume de La Tapisserie de Fionavar, si vous êtes un amateur de fantasy… ou si vous n’aimez pas le genre car vous le trouvez bourré de stéréotypes, vous pourriez être agréablement surpris avec ce petit bijou littéraire.