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Archives Mensuelles: mai 2011

ROMPUE!

Hé oui! La terrible malédiction que m’a jeté Pierre-Luc Lafrance est rompue! Haha! Vlan, dans les dents! 🙂

Non seulement, je me suis bien rendu à Ville-Marie (en un seul morceau et la bonne semaine) mais en plus, ça a été un salon du livre extraordinaire!

C’est quoi, ça, Ville-Marie? C’est la ville où se déroule l’excellent roman La mémoire du lac de Joël Champetier.

Beaucoup de discussions, de rencontres…

Justement, j’y ai rencontré mon collègue obZcure François Bélisle : très sympathique et courageux… Il traîne une moufette avec lui!

 

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Publié par le mai 31, 2011 dans Uncategorized

 

Prise 2

Bon, cette fois-ci, c’est la vraie : je pars pour le Salon du livre de Ville-Marie, au Témiscamingue.

Mais on ne sait jamais, depuis que Pierre-Luc Lafrance m’a jeté une malédiction, je touche du bois…

 
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Publié par le mai 24, 2011 dans Uncategorized

 

Lecture no.21

Bon, j’ai réussi à rattraper le retard dans mes lectures que j’avais accumulé au fil des semaines. Nous voici donc à la 21e lecture :

Titre : « Anatomie de l’horreur tome 1 »

Auteur : Stephen King

Éditeur : J’ai lu

Année de parution (de cette édition, en français, en format de poche) : 1997

Résumé de quatrième de couverture : « Maître incontesté de l’horreur et du fantastique, Stephen King – l’écrivain le plus lu au monde – est un homme remarquablement discret qui s’est toujours caché derrière son œuvre et ses lunettes de myope.

Avec Anatomie de l’horreur, il lève enfin le voile. Ni autobiographie ni essai théorique, ce livre est plutôt une conversation au coin du feu où il évoque – avec humour et simplicité – son enfance, ses terreurs, ses idoles.

Né en 1947, il se définit lui-même come un enfant des médias et a été formé par le cinéma d’épouvante et la radio des années 50. Il nous parle des films, des bandes dessinées et des romans qui l’ont marqué.

Comme à son habitude, il demeure un conteur hors pair. Sous sa plume, chaque anecdote devient une histoire passionnante. Dont, pour la première fois, le héros s’appelle Stephen King… »

Commentaire de lecture : Ça faisait une éternité que je possédais ce livre. C’est mon frère Stéphane qui me l’avait acheté pour Noël alors que j’étais ado. Et comme nombre de livres, j’avais vraiment le goût d’en entamer la lecture mais, pour une raison ou une autre, il se retrouvait toujours en dessous de la pile des À LIRE…

Mais peu importe, cette semaine, je l’ai lu ou plutôt : je l’ai dévoré. En une journée et demie.

C’est un essai (pas chiant ou intello du tout) sur le monde de l’horreur, de l’épouvante dans la littérature, au cinéma, à la radio, à la télévision… et l’influence de tout cet univers sur l’imaginaire de Stephen King.

Le maître américain de l’horreur nous propose des réponses sur des questions simples mais importantes (et qui reviennent souvent, pour ma part, dans les salons du livre et les rencontres scolaires) telles que « Pourquoi inventez-vous de telles horreurs alors que la réalité en est déjà pleine? » ou encore « Pourquoi diable les gens paient pour avoir peur? »

Il aborde le sujet sous différents angles : social, politique, économique… et bien sûr : artistique.

On découvre l’origine de sa passion pour ce genre d’histoire : lorsqu’il était enfant, il lisait des EC comics (Tales from the Crypt, Weird Science, The Vault of Horror). On comprends pourquoi, selon lui, les romans Frankenstein, Dracula et Le cas étrange du Dr.Jekyll et Mr. Hyde sont à la base de presque tous les récits d’horreur modernes et contemporains.

Stephen King offre une panoplie d’exemples, tant littéraires que cinématographiques, pour appuyer ses dires, sans jamais tomber dans le « je-me-prends-au-sérieux-et-j’ai-la-science-infuse ». Il s’amuse et ça paraît. Il écrit sur quelque chose qu’il aime et sa passion est contagieuse.

Que vous aimiez ou non cet auteur, que vous aimiez ou non l’épouvante, l’horreur, je vous le conseille… vous pourriez y faire de belles découvertes et mieux comprendre pourquoi il y a tant de gens qui deviennent fans de ces genres dans le monde entier.

 
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Publié par le mai 23, 2011 dans Uncategorized

 

Lecture no.20

Titre : « Proximités »

Auteurs : Sylvie Marcoux et François Bernard Tremblay

Éditeur : Éditions SM

Année de parution : 2011

Résumé de quatrième de couverture : « Un petit poème lancé par Elle un soir pluvieux d’octobre devient le point de départ d’une correspondance avec Lui.

Un échange poétique entre deux amis comme cour de récréation où les saisons défilent au rythme de l’actualité vécue chez l’un et chez l’autre.

Un terrain de jeu où le vers fait office de ballon renvoyé à coups de souvenirs, d’expériences personnelles ou des tracasseries intimes au quotidien.

Complices dans l’écriture, ils ont vécu ces proximités géographiques, générationnelles et sectorielle. Ils sont tout de même…

Si pareils, si différents! »

Commentaire de lecture : Je dois avouer que je ne suis pas un grand lecteur de renku mais lorsque j’ai reconnu les noms des deux auteurs sur la couverture : hé, c’est ta chance d’en lire, mon Joe!

Surtout que je trouvais intéressant le jeu qu’ont joué les deux auteurs, en se répondant à coup de courts poèmes :

Sylvie Marcoux :

« au coin de ma rue

le coeur du bonhomme de neige

fond pour une sorcière »

François-Bernard Tremblay :

« son bonhomme au bras

la vieille sorcière d’en face

met le nez dehors »

En toute simplicité, et en même temps plein de sens, ce petit livre présente, au-delà des jeux de mots, des tableaux parfois rassurants, parfois déstabilisants mais toujours baignés d’émotions (joie, tristesse, colère, …)

J’avais l’impression que je regardais un album de photos d’un inconnu, un inconnu que j’apprenais à connaître au fil des pages, au fur et à mesure que les mots coloraient mon imaginaire de lecteur.

Sylvie Marcoux :

« un petit verre de trop

cris et chicane autour de la table

encore les deux mêmes »

François-Bernard Tremblay :

« combat de coqs

au menu  politique  sports

et femmes »

Pour une première baignade dans ce style d’écriture, j’ai vraiment aimé, c’est bref mais évocateur. Un livre que je vais relire avec plaisir à l’occasion.

 
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Publié par le mai 22, 2011 dans Uncategorized

 

Lecture no.19

Titre : « La chambre »

Auteur : Simon Lambert

Éditeur : VLB

Année de parution : 2010

Résumé de quatrième de couverture : « Cette possible confusion, mes tortionnaires l’avaient bien sûr prévue. Ils croient que j’écris pour être lu et que, dès lors, je serais peiné qu’on me confonde avec un autre.  Voilà ce que leur sadisme a imaginé de plus ignoble, de plus raffiné. J’ai eu tort, après tout, de croire qu’on brûlerait mes pages. Non, ce n’est pas ce qui adviendra. Forcé d’écrire comme tous les détenus, je produis un manuscrit qui, à ma mort peut-être, sera distribué dans la rue. Par le petit vendeur, évidemment. On espère que j’y confesserai mes fautes pour ensuite les exposer à la vue de tous.

Oui, voilà, cet immeuble est un alambic. On y distille les condamnés afin d’en extraire l’essence, l’aveu. Ils ne m’auront toutefois pas, ces feuilles ne leur apprendront rien. Et si elles devaient un jour devenir révélatrices, c’est moi qui les brûlerais de mon propre chef. Une seule allumette et c’en serait terminé.

La chambre est le premier roman de Simon Lambert qui vit à Québec. Il est maintenant en littérature à l’Université Laval, où il a étudié la philosophie. »

Commentaire de lecture : J’ai rencontré Simon Lambert au Salon du livre d’Edmundston. Très sympathique, il excelle dans les constructions architecturales avec les exemplaires de son livre, créant des monuments pouvant s’écrouler à tout moment (Ben quoi, on passe le temps comme on peut en attendant qu’un lecteur vienne nous parler!)

Mais qu’en est-il du contenu de ce livre, justement?

C’est un excellent huit clos où, dès les premières pages, on se débat en plein mystère. Où se trouve le personnage principal? Pourquoi l’a-t-on enfermé? Et surtout : pourquoi l’oblige-t-on à écrire? Peu à peu, les réponses viennent, au compte-goutte, pour ne pas briser le suspense dans lequel l’auteur nous a plongé.

Petit extrait où le narrateur emprisonné parle avec une de ses geôlières :

« – Ces feuilles ne sont pas vierges… Comment voulez-vous que je travaille dans de telles conditions?

Je passai le paquet en revue et mon indignation redoubla.

– Regardez celles-ci : le texte est encore net, presque frais. Je ne vous ai pas demandé de m’apporter de quoi lire!

Après un moment d’absence, elle sortit de son hébétude. Visiblement préoccupée, elle hésita avant de répondre.

– Croyez-vous, monsieur, que cela vous ferait du tort? »

Au départ, l’intrigue peut nous sembler classique, voire déjà-vu, mais au fil des pages, on se rend compte qu’il en est tout autrement : c’est rafraîchissant, prenant et personnel (je préfère ce mot à « original » qui ne veut pas dire grand chose).

L’auteur nous fait plonger dans les souvenirs du personnage en cage, et c’est au coeur de ces incursions dans le passé que la clé de l’énigme se terre.

Comme les pièces d’un puzzle, la réponse se construit au fil des pages et n’a du sens que lorsqu’elle est complète.

La fin, surprenante, propose une réflexion intéressante, humaine, que l’on peut appliquer à nos propres existences (Attention : je n’ai pas dit une morale!).

Pour un premier roman, je trouve que c’est une véritable réussite. Simon Lambert : une plume prometteuse à suivre de près.

 
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Publié par le mai 21, 2011 dans Uncategorized

 

Mon ennemi no.1

Quoi? Jonathan Reynolds peut avoir des ennemis? Tout à fait. Pour être plus précis, j’en ai un mais un qui en vaut cent (au moins!)…

Mon ennemi no.1 : Pierre-Luc Lafrance

Et je croyais enfin m’être débarrassé de lui lors du Congrès Boréal lorsque j’ai lu en public la nouvelle qui suit… mais non! Sa vengeance, effroyable et sournoise, vient frapper à ma porte un peu plus à chaque jour (comme cette semaine est étrange!) Je vous le dis : c’est la malédiction de Lafrance!

RETOUR À INNSTOWN

Ne vous fiez pas aux apparences. Jamais. Je ne suis pas Jonathan Reynolds, je m’appelle Pierre-Luc Lafrance, je viens au congrès Boréal depuis mon anniversaire de 18 ans, anniversaire que j’ai fêté ici d’ailleurs. Peut-être que certains d’entre vous s’en souviennent.

Mais si je suis ici ce soir, ce n’est pas pour parler de moi mais plutôt de lui, mon pire ennemi, à savoir Jonathan Reynolds.

Oui, ce petit salaud qui se prétend auteur. Regardez-le avec ce chandail vert fluo. Non, mais, a-t-il vraiment l’air d’un auteur, d’un auteur d’épouvante? En tout cas, il a pondu des navets comme « Nocturne » et « Silencieuses », entre autres. Ce n’est pas parce qu’on met son nom sur un livre qu’on est auteur.

Lui, c’est plutôt un fou, un malade de la pire espèce. Son visage souriant camoufle bien ses intentions malsaines…

À cause de lui,  je suis prisonnier.

Je peux vous parler parce que je lui vole du temps d’antenne, grâce à un pouvoir que j’ai développé à l’aide d’un vieux grimoire trouvé à la bibliothèque de l’asile, un transfert de conscience, en quelque sorte. Présentement, c’est lui qui est prisonnier de mon corps… pour quelques minutes. Quelques minutes pendant lesquelles je vole la vedette au narrateur de son histoire clichée, à la limite du pathétique. Donc, au lieu d’une intrigue déjà racontée mille fois (il allait vous faire perdre votre temps avec un détective privé, vampire de surcroît qui, au fil de son enquête sur un meurtre sordide, tombe en amour avec une femme loup-garou) je vais vous raconter comment j’en suis arrivé là.

Comme ça, vous ne ferez pas la même erreur que moi. Je vous avertis dès maintenant : ne lisez plus de Jonathan Reynolds! C’est dangereux!

On dit qu’il faut connaître encore plus ses ennemis que ses amis, non? Et bien, c’est ce que j’ai tenté de faire en lisant toute l’œuvre (si on peut appeler ça un œuvre) de Reynolds d’un bout à l’autre. Du temps où on était ami, avant qu’une féroce compétition pour le succès s’empare de nous et déchire notre amitié, j’aimais acheter ses livres pour l’encourager et je le trouvais même assez prometteur dans son genre…

Mais, après une guerre froide de quelques années, j’ai décidé le mois passé (est-ce bien le mois passé? Le temps semble s’écouler différemment ici…) d’écrire un essai pour le démolir une fois pour toutes, exemples de sa fâcheuse tendance au plagiat et preuves à l’appui, essai que j’allais soumettre à la revue Solaris.

Mais alors que, aux petites heures du matin, j’en étais rendu au dernier titre de Reynolds, La nuit du tueur (Non, mais vous pouvez mesurer l’étendue de son originalité avec un tel titre…), je me suis assoupi, sans m’en rendre compte, il en va de soi.

Du peu que je me souviens, j’ai rêvé de sa sale gueule, oui, la sienne, qui riait de moi, il riait, il riait sans fin, en me pointant du doigt… J’aurais juré que dans ses yeux brûlaient des flammes, celles de l’Enfer.

Quand je me suis réveillé, je n’étais plus dans le confort de ma maison. J’avais froid, très froid. On aurait dit que… J’ai ouvert les yeux. Mais oui, j’étais nu! Complètement nu. Mon corps, à peine couvert de quelques voiles de neige. Où étais-je? J’étais couché dans un parc. Devant moi, la grisaille du ciel. Juste à côté, des fleurs desséchées, étouffées par un lourd tapis hivernal. Un peu plus loin s’élevaient des chênes aussi dénudés que moi. Autour du parc, de hauts édifices sombres, l’air abandonné, du moins c’est ce que je devinais en voyant le pitoyable état des fenêtres. Cassées, sales.

Et ce silence… seulement entrecoupé de celui, cruel, du vent glacial.

Sentiment de déjà-vu… déjà-lu?

Je n’osais pas me lever, de peur qu’un éventuel piéton me surprenne ainsi, dans ma plus simple tenue. Et pourtant, je n’avais pas le choix. Rester ici ne m’avancerait guère. J’étais glacé.

Je me suis mis sur pied en cherchant du regard un abri pour me cacher, me réchauffer.

C’est ainsi que j’ai remarqué, juste là, sur ma droite, la pancarte qui m’a fait croire à une blague, un canular.

 « Parc central d’Innstown. »

Quoi? Mais Innstown n’existait pas vraiment… n’est-ce pas? Non, non, bien sûr que non. Jonathan Reynolds devait posséder des moyens après tout. Assez pour mettre sur pied mon enlèvement… Oui, c’est ça, on avait dû me droguer et me transporter ici… mais où était ce ici? Parce qu’on n’aurait pas dit de simples décors de théâtre, ces buildings qui faisaient penser à des films post-apocalyptiques étaient pourtant bien concrets, bien réels, là tout près de moi. J’étais donc quelque part mais certainement pas à Innstown, contrairement à ce qu’il voulait me faire croire.

Et non, petit con, je n’allais pas tomber dans le panneau! Mes membres de plus en plus gelés, j’avançais sans savoir où j’allais, juste pour tenter de… de…

Un bruit. Derrière moi. Des pas.

On m’interpellait, une voix grave, un peu rocailleuse :

– Hé, vous!

Mon corps s’est crispé, je suis demeuré paralysé et muet.

– Va le chercher, ce doit en être un autre.

– Merde, il est tout nu. Pourquoi c’est pas toi qui y va?

– Parce que moi je le tiens en joue.

Là, je me suis retourné. Ils étaient deux, vêtus de manteaux d’hiver. Un barbu qui s’avançait vers moi. Un moustachu qui braquait un fusil de chasse pointé dans ma direction. Il n’avait pas l’air en plastique, ce fusil.

– Bouge pas, reste tranquille…, m’ordonna le barbu en s’approchant de plus en plus.

Bouge pas? Est-ce que j’avais l’air de vouloir m’enfuir? J’étais frigorifié et on me menaçait d’une arme à feu!

– C’est pas parce que plein de monde ont déserté la ville que les fous comme toi peuvent s’enfuir de l’Institut, me dit le moustachu.

L’Institut? L’Institut psychiatrique Quinn, celui d’Innstown, bien sûr. Ils me prenaient pour un dingue échappé de l’asile! Ou plutôt : ils jouaient ce rôle, engagé par ce satané Reynolds. Mais pourquoi toute cette mise en scène, pour moi seul? Peut-être qu’il avait su pour mon projet de le démoli et avait voulu agir avant… M’isoler, et peut-être ultimement m’amener à croire que j’étais fou.

– Écoutez messieurs, je sais que c’est un canular, une blague stupide. On arrête tout immédiatement.

– Bon, viens alors, on te ramène à ta chambre.

Même si je savais qu’ils ne s’agissaient que de deux acteurs et que celui avec le fusil n’avait aucune intention d’appuyer sur la gâchette, j’étais habité par le doute, celui que tout ceci puisse être vrai.

Lentement, le barbu posa sa main sur mon épaule. Je remarquais à ce moment qu’une longue cicatrice traversait son front. Je devinais qu’il en avait vu d’autres, des plus coriaces que moi.

– C’est ça, tranquille.

Autant jouer leur jeu et en terminer au plus vite. Je n’ai offert aucune résistance alors qu’ils m’ont fait entrer dans leur camionnette blanche identifiée Institut Psychiatrique Quinn. Des vêtements m’attendaient sur le siège arrière. Je les ai enfilés sans plus attendre. Au moins, j’étais au chaud, en cage, derrière une grille, mais au chaud.

– Bon, où est-ce que vous m’emmenez vraiment?

Devant, le silence. Comme seul bruit, le ronronnement du moteur. Dehors, les rues désertes commençaient à défiler sans que je ne reconnaisse une ville… existante. Sinon, ça ressemblait aux descriptions du roman Nocturne. Parce qu’il avait vraiment tout prévu, le diable! Des devantures d’endroits que je croyais fictifs apparaissaient devant mes yeux : le petit restaurant Le réveil d’Innstown, la librairie d’occasion À la page oubliée… et là bas, oui, n’est-ce pas la toiture du Collège d’Innstown tel que je me l’étais imaginé?

Non… non, c’était juste une coïncidence… Nocturne. Ce maudit livre ne se terminait pas justement avec l’arrivée de l’hiver? Dehors, la neige. Et suite à un affrontement terrible entre les membres de deux sectes, la ville n’était-elle pas à feu et à sang?

Dehors, une ville morte, maintenant.

On a roulé un certain temps. Plus on roulait, plus je croyais à toute cette histoire. Je suis pourtant quelqu’un de rationnel… mais un moment donné, on n’a plus le choix de croire.

C’est quand j’ai reconnu l’Institut Psychiatrique Quinn que mes doutes se sont éteints. Exactement comme je l’imaginais : une bâtisse haute, laide, qui semble dévorer tout espoir. À l’intérieur de ces murs, l’humain n’a pas sa place. À ce stade, ce ne sont plus des humains. Ce sont des monstres qui y sont enfermé.

– De retour chez toi, mon gars.

Je n’ai même pas tenté de me débattre quand ils m’ont emmené en dedans.

J’aurais dû. Oh que oui. Mais au fond, pour aller où?

Depuis ce temps, je fais parti de ces monstres, de ces aliénés. Les autres ne me parlent pas. En fait, personne ne vient me voir à part moustachu et barbu. Quand je fais des crises, ils me jettent dans la cellule capitonnée. Et après un certain temps, ils reviennent me chercher, me ramène parmi les autres, dans une salle aux murs verts. Parfois, la nuit, j’entends le grondement du tonnerre. Mais il n’y a jamais de tempête. Le tonnerre est de plus en plus fort. J’ai l’impression que quand ça va éclater, ça va être la fin de tout. Je ne sais pas comment m’en sortir, je suis prisonnier de l’imaginaire macabre que Jonathan Reynolds avait décidé d’abandonner en 2008. Il ne se passera plus rien ici, dans cet endroit que même son créateur a oublié. Si vous savez comment m’aider, quelqu’un, aidez-moi! (Gauthier! Gélinas! Aidez-moi!)

N’oubliez pas : ne vous approchez pas de ses livres! Non seulement ils ne sont pas bons mais en plus ils sont dangereux! Une dernière chose… Je me répète mais ne vous fiez pas aux apparences. Ne vous approchez pas de celui qui prétend être Pierre-Luc Lafrance, mon ancien corps qui marche parmi vous. Ce n’est pas moi! Je ne sais pas qui c’est… ou ce que c’est…

Quelque chose qui a traversé dans votre réalité pendant que moi je croupis ici…

 
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Publié par le mai 20, 2011 dans Uncategorized

 

Aller-retour d’un lunatique

… …

Bon, là, je l’avoue : je suis lunatique en maudit! 🙂 🙂

Mardi soir, vers 22h00, je quittais mon appartement pour me rendre au Terminus d’autobus, prêt pour un nouveau Salon du livre, celui de Ville-Marie.

Mes deux gros sacs habituels sur les épaules, je ne me doute de rien.

Je monte dans l’autobus vers 23h15 et c’est parti. Je somnole plus que je dors pendant tout le trajet. J’arrive à Ville Marie à 10h45 le mercredi matin. Aussitôt que je descend de l’autobus, dont le terminus se trouve devant le bureau des Éditions Z’ailées, je reconnais Amy Lachapelle qui, par hasard, arrive en même temps que moi.

– Euh, Jo… Quecétufaislà?

Rire jaune. Malaise. Ce doit être une blague.

– Le salon du livre, c’est la semaine prochaine.

Le plancher s’est ouvert en dessous de moi. (*&(*&*(! Ben voyons! Comment j’ai pu mélanger les dates comme ça?

Là, je comprends comment se sentent les personnages dans les histoires fantastiques quand la réalité bascule… 🙂

Merci à Amy et Karen de m’avoir occupé toute la journée après quoi je suis reparti à 18h40 en autobus pour arriver à Montréal ce matin vers 7h00.

Somnolence. Route obscure qui défile.

Déjà fatigué, je me disais : bon, je vais aller me coucher après une bonne douche.

Je n’étais pas capable d’ouvrir ma porte! Ma copine est à son cours et ne revient que vers 18h00… NON! NON! NON! Bon, heureusement, je suis le truc de Stephen King qui dit : traîne toujours un ou deux livres sur toi, pour les cas où.

Et deuxième heureusement : j’ai réussi à obtenir le numéro du propriétaire par un voisin qui, par hasard, revenait de travailler plus tôt de sa nuit de travail. Le propriétaire a pu passer vers 13h00.

YÉ! Home sweet home!

Au moment où j’écris ces lignes, je ris de tout ça mais sur le coup, je me sentais en pleine fiction. Je me disais : voyons, qu’est-ce qui m’arrive? Je dois être en train de rêver.

La prochaine fois : regarder et ASSIMILER les dates de salons du livre.

 
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Publié par le mai 19, 2011 dans Uncategorized