Avant-goût saignant

Voici un bref aperçu du projet sur lequel je travaille présentement, un teaser comme ils l’appellent, au cinéma :

La haute colline de Beauvoir.

Ce sanctuaire, havre silencieux, situé en pleine campagne, entre la ville de Sherbrooke et la petite municipalité de Bromptonville, en Estrie, accueille souvent des visiteurs, croyants ou non. Mais en cette aube où le ciel est déchiré entre une triste grisaille et un rouge sang, il n’y a personne à part moi. Moi, Samantha, qui fait partie de la deuxième catégorie : les non croyants.

Ai-je déjà cru à un sauveur venu des cieux pour nous pardonner tous nos péchés? Non. Je ne pense pas. Peut-être quand j’étais toute jeune, peut-être. Mais à présent, même si physiquement, je ne suis encore qu’une adolescente, dans ma tête, je me sens vieille.

Une athée sur la montagne des pèlerins.

Pourquoi je viens ici à tous les matins, alors? Pour trois raisons bien précises.

 La première est un cadeau que je fais à mes yeux : la vue y est majestueuse quand on se tient au-dessus de la falaise qui surplombe la forêt de conifères centenaires. Au travers de toute cette nature verdoyante, on devine, au loin, le village de Windsor et plus près, celui de Bromptonville. Si je me tourne vers la gauche, Sherbrooke m’offre ses maisons, son mont Bellevue et son lac des Nations.

La deuxième est un baume que j’applique sur mes oreilles : ici, on n’entend que le silence, le doux souffle du vent, un vent qui sort de mon esprit, pendant quelques minutes les plaintes, les cris, les hurlements de souffrances qui s’y imprègnent quotidiennement.

La dernière est une promesse que j’adresse à mon âme : celle d’en finir avec cette existence. Ma vie est un enfer. Et pour éteindre les flammes qui m’habitent, je n’ai qu’à avancer de quelques pas et sauter. Sauter dans le gouffre qui s’ouvre devant moi. Mon corps s’écraserait, se fracasserait sur ce rocher, là, tout en bas ou encore il s’empalerait sur la branche fourchue de cet arbre mort juste en dessous de moi.

Mais au lieu de sauter, je rebrousse chemin vers la voiture de mes parents. Comme tous les autres matins depuis quelques semaines. Pourquoi je ne suis pas capable de passer aux actes? Ce ne doit pas être si compliqué de faire comme ma tante Micheline et de mettre un terme à mes jours, à cette souffrance.

Le moteur rugissant de la Toyota chasse ce mince espoir et alors que je roule vers Bromptonville, sur cette étroite route asphaltée, je n’y pense même plus. En fait, je n’y repenserai pas jusqu’à ce soir. Mes pensées m’appartiennent de moins en moins. Il y a quelqu’un d’autre qui m’habite, un tueur du nom de Bob. Selon ce qu’il me raconte, dans ma tête, il aurait été tué en même temps que moi je suis né. Mais pourquoi moi? Je n’en sais rien. Je ne suis pas sûre qu’il le sait lui-même.

Avant, j’étais anorexique. Mais maintenant, je mange. Je mange à sa faim. Parce que quand Bob a faim, je n’ai pas d’autres choix que de manger.

Et il aime sa viande bien saignante.

***

Plus de détails à venir…

10 réflexions sur “Avant-goût saignant

  1. Tu es tellement plus agace qu’une jeune vierge de 16 ans qui découvre sa sexualité et son pouvoir de séduction avec ses courbes!!! 0_o

  2. Humm. ça m’as l’air alléchant ce nouveau projet sur le sanctuaire de Beauvoir. 😉 ET moi j’aime ma viande bien cuite loll

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