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Lecture no.19

21 Mai

Titre : « La chambre »

Auteur : Simon Lambert

Éditeur : VLB

Année de parution : 2010

Résumé de quatrième de couverture : « Cette possible confusion, mes tortionnaires l’avaient bien sûr prévue. Ils croient que j’écris pour être lu et que, dès lors, je serais peiné qu’on me confonde avec un autre.  Voilà ce que leur sadisme a imaginé de plus ignoble, de plus raffiné. J’ai eu tort, après tout, de croire qu’on brûlerait mes pages. Non, ce n’est pas ce qui adviendra. Forcé d’écrire comme tous les détenus, je produis un manuscrit qui, à ma mort peut-être, sera distribué dans la rue. Par le petit vendeur, évidemment. On espère que j’y confesserai mes fautes pour ensuite les exposer à la vue de tous.

Oui, voilà, cet immeuble est un alambic. On y distille les condamnés afin d’en extraire l’essence, l’aveu. Ils ne m’auront toutefois pas, ces feuilles ne leur apprendront rien. Et si elles devaient un jour devenir révélatrices, c’est moi qui les brûlerais de mon propre chef. Une seule allumette et c’en serait terminé.

La chambre est le premier roman de Simon Lambert qui vit à Québec. Il est maintenant en littérature à l’Université Laval, où il a étudié la philosophie. »

Commentaire de lecture : J’ai rencontré Simon Lambert au Salon du livre d’Edmundston. Très sympathique, il excelle dans les constructions architecturales avec les exemplaires de son livre, créant des monuments pouvant s’écrouler à tout moment (Ben quoi, on passe le temps comme on peut en attendant qu’un lecteur vienne nous parler!)

Mais qu’en est-il du contenu de ce livre, justement?

C’est un excellent huit clos où, dès les premières pages, on se débat en plein mystère. Où se trouve le personnage principal? Pourquoi l’a-t-on enfermé? Et surtout : pourquoi l’oblige-t-on à écrire? Peu à peu, les réponses viennent, au compte-goutte, pour ne pas briser le suspense dans lequel l’auteur nous a plongé.

Petit extrait où le narrateur emprisonné parle avec une de ses geôlières :

« – Ces feuilles ne sont pas vierges… Comment voulez-vous que je travaille dans de telles conditions?

Je passai le paquet en revue et mon indignation redoubla.

– Regardez celles-ci : le texte est encore net, presque frais. Je ne vous ai pas demandé de m’apporter de quoi lire!

Après un moment d’absence, elle sortit de son hébétude. Visiblement préoccupée, elle hésita avant de répondre.

– Croyez-vous, monsieur, que cela vous ferait du tort? »

Au départ, l’intrigue peut nous sembler classique, voire déjà-vu, mais au fil des pages, on se rend compte qu’il en est tout autrement : c’est rafraîchissant, prenant et personnel (je préfère ce mot à « original » qui ne veut pas dire grand chose).

L’auteur nous fait plonger dans les souvenirs du personnage en cage, et c’est au coeur de ces incursions dans le passé que la clé de l’énigme se terre.

Comme les pièces d’un puzzle, la réponse se construit au fil des pages et n’a du sens que lorsqu’elle est complète.

La fin, surprenante, propose une réflexion intéressante, humaine, que l’on peut appliquer à nos propres existences (Attention : je n’ai pas dit une morale!).

Pour un premier roman, je trouve que c’est une véritable réussite. Simon Lambert : une plume prometteuse à suivre de près.

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Publié par le mai 21, 2011 dans Uncategorized

 

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