Lecture no.18

Titre : « Les bouteilles »

Auteur : Sophie Bouchard

Éditeur : La Peuplade

Année de parution : 2010

Résumé de quatrième : « Rares sont les gardiens de phare de nos jours. Du temps où il fallait tout exécuter à la main, les veilleurs étaient dans l’action. Tout devait être réglé au quart de poil. Ces hommes entretenaient le bâtiment et toute la mécanique de la machinerie. Ils allumaient et éteignaient le feu et s’assuraient qu’il ne fume pas. Ils prenaient soin de l’équipement optique. Ils remontaient continuellement le mécanisme de rotation et mettaient en fonction le signal de brume. Ils surveillaient les mouvements maritimes. En cas d’urgence, ils sortaient les bateaux de secours et soignaient les victimes. En plus de tout le reste, ils veillaient à répondre aux besoins primaires de leur famille. S’ils détenaient un bout de terre, les femmes s’occupaient de l’agriculture et les hommes pêchaient par temps calme. Ils dépendaient les uns des autres pour la survie de tous. »

Commentaire de lecture : J’avais hâte de plonger dans un roman publié par La Peuplade. La première fois que je les ai rencontrés, c’était au Salon du livre de Saguenay il y a quelques années (en 2007, je crois). Une gang très sympathique, passionnée. J’ai tout de suite adoré les couvertures et les titres de leurs livres : artistiques, différents, poétiques. Et voilà, qu’au Salon International du livre de Québec, je me suis procuré « Les bouteilles » de Sophie Bouchard.

Ce roman est un petit bijou, une perle rare trouvé sur l’immense plage de la littérature. Comme thème principal, la solitude. Désirée ou non. La nôtre, celle des autres. Être seul face à soi-même, là, au bout du monde, dans ce phare isolé. Comment survit-on, devant cette infinie beauté qu’est la mer, en apparence si calme, cette redoutable force qui peut, à tout moment faire déferler la tempête du siècle sur nous? Comment survit-on à soi-même?

« Une seconde en mer. Une éternité.»

De petites fins du monde pour grandes personnes. Des bouteilles à la mer qui finissent par trouver, ou non, un rivage attentif, à l’écoute.

« Tenir le coup. S’enraciner dans l’eau. »

Au travers de plusieurs points de vue narratif et porté par une plume rafraîchissante, on vit, dans ce huit clos à trois, on ressent des réflexions sur l’humain, sur l’amour, sur la société, sur le monde, sur la vie, sur la mort. On en ressort différent, baigné de toutes ces pensées sur notre passé, notre présent mais surtout notre avenir et celui de notre planète. En tant qu’individu, en tant que collectivité. Pour éviter d’autres naufrages, comme ceux vécus par les personnages de cette histoire. Ne pas perdre le cap.

Sophie Bouchard, une auteure à découvrir, un talent indéniable à suivre.

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Avant-goût saignant

Voici un bref aperçu du projet sur lequel je travaille présentement, un teaser comme ils l’appellent, au cinéma :

La haute colline de Beauvoir.

Ce sanctuaire, havre silencieux, situé en pleine campagne, entre la ville de Sherbrooke et la petite municipalité de Bromptonville, en Estrie, accueille souvent des visiteurs, croyants ou non. Mais en cette aube où le ciel est déchiré entre une triste grisaille et un rouge sang, il n’y a personne à part moi. Moi, Samantha, qui fait partie de la deuxième catégorie : les non croyants.

Ai-je déjà cru à un sauveur venu des cieux pour nous pardonner tous nos péchés? Non. Je ne pense pas. Peut-être quand j’étais toute jeune, peut-être. Mais à présent, même si physiquement, je ne suis encore qu’une adolescente, dans ma tête, je me sens vieille.

Une athée sur la montagne des pèlerins.

Pourquoi je viens ici à tous les matins, alors? Pour trois raisons bien précises.

 La première est un cadeau que je fais à mes yeux : la vue y est majestueuse quand on se tient au-dessus de la falaise qui surplombe la forêt de conifères centenaires. Au travers de toute cette nature verdoyante, on devine, au loin, le village de Windsor et plus près, celui de Bromptonville. Si je me tourne vers la gauche, Sherbrooke m’offre ses maisons, son mont Bellevue et son lac des Nations.

La deuxième est un baume que j’applique sur mes oreilles : ici, on n’entend que le silence, le doux souffle du vent, un vent qui sort de mon esprit, pendant quelques minutes les plaintes, les cris, les hurlements de souffrances qui s’y imprègnent quotidiennement.

La dernière est une promesse que j’adresse à mon âme : celle d’en finir avec cette existence. Ma vie est un enfer. Et pour éteindre les flammes qui m’habitent, je n’ai qu’à avancer de quelques pas et sauter. Sauter dans le gouffre qui s’ouvre devant moi. Mon corps s’écraserait, se fracasserait sur ce rocher, là, tout en bas ou encore il s’empalerait sur la branche fourchue de cet arbre mort juste en dessous de moi.

Mais au lieu de sauter, je rebrousse chemin vers la voiture de mes parents. Comme tous les autres matins depuis quelques semaines. Pourquoi je ne suis pas capable de passer aux actes? Ce ne doit pas être si compliqué de faire comme ma tante Micheline et de mettre un terme à mes jours, à cette souffrance.

Le moteur rugissant de la Toyota chasse ce mince espoir et alors que je roule vers Bromptonville, sur cette étroite route asphaltée, je n’y pense même plus. En fait, je n’y repenserai pas jusqu’à ce soir. Mes pensées m’appartiennent de moins en moins. Il y a quelqu’un d’autre qui m’habite, un tueur du nom de Bob. Selon ce qu’il me raconte, dans ma tête, il aurait été tué en même temps que moi je suis né. Mais pourquoi moi? Je n’en sais rien. Je ne suis pas sûre qu’il le sait lui-même.

Avant, j’étais anorexique. Mais maintenant, je mange. Je mange à sa faim. Parce que quand Bob a faim, je n’ai pas d’autres choix que de manger.

Et il aime sa viande bien saignante.

***

Plus de détails à venir…

Lecture no.17

Titre : « L’esprit de la meute »

Auteur : François Lévesque

Éditeur : Alire

Année de parution : 2011

Résumé de quatrième de couverture : « David, un adolescent dépressif qui a grandi dans une maison cossue de Westmount, vient de perdre ses parents, Mathieu et Judith, dans un accident de la route. Héritier d’une imposante fortune, il découvre par hasard qu’il a été adopté – sa mère biologique, Macha, demeure à Sainte-Sybile, une petite ville minière du nord du Québec.

Sans but et sans attaches, n’ayant connu de l’amour parental que les cadeaux luxueux et l’argent à volonté, David décide de quitter le cocon doré de Westmount pour les grands espaces du Nord, où il espère goûter au plaisir d’avoir une vraie famille et, qui sait, trouver un sens à sa vie.

Dès son arrivée à Sainte-Sybile, la rencontre d’Irène, une jeune et jolie voisine, donne espoir à David, mais ce que lui apprend sa mère sur les circonstances de sa naissance le ramène très vite à la case départ. Aux prises avec des rêves de plus en plus troublants, déstabilisé par les étranges fugues de Macha, les histoires d’Irène sur les débuts tragiques de Sainte-Sybile et les morts violentes qui secouent la communauté – causées par un ours enragé, assurent les forces policières –, David tente de ne pas perdre pied. Or il commence à croire sérieusement que son retour était prévu depuis longtemps!  »

Commentaire de lecture : J’attendais ce livre de François Lévesque avec un mélange de curiosité et d’appréhension. De cet auteur, j’ai adoré le roman « Un automne écarlate » ainsi que ses excellentes nouvelles dans les revues Solaris et Alibis. Par contre, j’ai été quelque peu déçu par « Les visages de la vengeance » paru en 2010.

J’avais peur de ne plus retrouver des éléments aussi précis qui m’ont fortement interpellé dans « Un automne écarlate » (nostalgie des années 80 avec les films en VHS, les lieux intéressants : l’école, le club vidéo, le sous-sol de la maison où le personnage attachant visionnait les films) et qui, justement, ne se retrouvait plus dans la suite « Les visages de la visage », plus fade…

Pour tout dire, « L’esprit de la meute » ne contient pas ce mariage d’ingrédients magiques mais je l’ai bien aimé pour d’autres raisons. Ce n’est pas meilleur que le thriller noir « Un automne écarlate » mais beaucoup plus convaincant que « Les visages de la vengeance ». C’est une avancée réussie dans le genre du fantastique pour cet auteur qui œuvre davantage dans le domaine du noir, l’épouvante réaliste.

Ici, on a droit à une histoire de lycanthropie classique et bien ficelée. L’ambiance mystérieuse se teinte, le temps de certaines scènes, d’un voile onirique très intéressant. Les lieux sont tangibles tant les descriptions sont vivantes. Par contre, je n’ai pas trouvé le personnage principal particulièrement attachant, il m’est apparu froid, distant, même s’il est bien dépeint. Les évènements tragiques (meurtres et autres) qui surviennent ne m’ont pas surpris, on dirait qu’il y en a trop pour que chacun d’eux ait un réel impact. Malgré tout, la finale, quoique prévisible, est digne des meilleurs films de loups-garous.

En fait, j’ai l’impression que, pour ma part, les histoires de François Lévesque feraient d’excellentes productions cinématographiques et figureraient parmi ma collection de favoris (surtout « Les visages de la vengeance » qui se révèle être un slasher)… mais en livre, je réalise qu’ils m’interpellent beaucoup moins (à part l’excellent « Un automne écarlate »).

Beaucoup, beaucoup plus!

Le Congrès Boréal, évènement qui existe depuis 1979, c’est beaucoup plus qu’un simple congrès. Beaucoup, beaucoup plus!

Pourquoi?

* Parce que c’est une chance de découvrir des auteurs d’ici et d’ailleurs qui écrivent dans les genres de l’imaginaire!

* Parce que c’est une occasion de rencontrer des artisans du milieu (éditeurs(trices) de livres, de revues, de fanzines, …)!

* Parce que c’est un régal pour les yeux de voir les oeuvres d’artistes talentueux(euses) et de discuter avec leurs créateurs(trices)!

* Parce que c’est une opportunité de parler à d’autres lecteurs(trices), passionnés(es), fans… ou autres (extraterrestres, vampires, cultistes, Pierre-Luc Lafrance…)!

* Parce que c’est très instructif (autant sur le plan intellectuel que ludique) d’assister aux nombreuses tables rondes sur des sujets on ne peut plus diversifiés!

* Parce c’est toujours un plaisir de visionner les bandes annonces de films (bons, mauvais ou pourris) qui s’en viennent!

* Parce c’est amusant de participer à des jeux originaux (cadavres exquis, écriture sur place…)

* Parce que, parce que, parce que…

Dates : 13, 14 et 15 mai 2011

Lieu : Hôtel Espresso & Centre de Conférence (1005 rue Guy, Montréal)

Coût : 35$ / 20$ pour étudiant

Pour la programmation, rendez-vous ici.

Terrifiant!

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu, au cinéma, un film vraiment épeurant… et j’ai profité du prix réduit du mardi pour aller voir, cet après-midi, « Insidious » de James Wan.

Sérieusement, c’est terrifiant. Si vous aimez avoir peur et que vous ne l’avez pas encore vu, allez-y!

À des années lumières des productions hollywoodiennes « gros budgets, gros effets, scènes de gore », ce film propose, en toute simplicité, une histoire originale (c’est rare que j’utilise ce mot pour un film d’horreur mais là, c’est le cas.) Un retour aux sources, à la peur, à la terreur et non aux scènes de torture ou de violence extrême dont les années 2000 nous avaient habitué…

Ça me fait penser à Poltergeist mais en plus intense… Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir, ne regardez pas la bande-annonce avant de le voir et ne vous informez pas sur le résumé du film : vous aurez plus de surprises.

Frissons garantis.