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Jason fête ça avec nous!

04 Juin

Bonne fête Blogue! Tu as maintenant 2 ans!

DEMAIN (dimanche) : CONCOURS!!!!!!!!!!

Mais en attendant, pour célébrer ça, je vous offre une petite rigolade avec un vieux texte que j’avais écrit en 1995 et que j’avais partagé avec quelques amis à l’époque.

Vous savez tout ce qu’on dit sur comment ne pas écrire des histoires? Et bien, j’avais fait tout le contraire! (Bon j’avais 15 ans, là…)

Clichés, fautes, longueurs, personnages vides, histoire qui ne tient pas debout et plus encore!

Je vous le dis, je me suis bien bidonné en relisant ça (en fouillant sur des disquettes oubliées, je suis tombé sur un trésor enfoui : pleins de vieilles nouvelles que j’avais écrites dans le temps de mon secondaire! )

Ceux et celles d’entre vous qui avaient lu « Le chien de McNeil » (1994) dans le Horrifique no.66 : Spécial Jonathan Reynolds, reconnaîtront tout de suite mes tics d’écriture et mes idées directement influencées par les films d’horreur…

VENDREDI 13

une légende vivante

Écrit par Jonathan Reynolds en 1995

 

Le lac, grand et profond, attend paisiblement des probables baigneurs ayant le goût de se rafraîchir en cet été aride et brûlant.  Le paysage enchanteur, constitué de champs de fleurs multiples avec autant de sortes d’arbres dans les forêts environnantes, est réfléchi parfaitement sur l’eau calme et sans vagues rageuses ni turbulence.  Parfois, le silence est envahi par des groupes d’oiseaux migrateurs.  Ou par un de leur prédateur.  Ou bien par des vacanciers en quête de vacances tranquilles ou bruyantes selon le cas.  Aucun problème apparent n’est arrivé depuis un bon bout de temps, une dizaine d’années tout au plus.  Pourtant, l’endroit est hanté par plusieurs souvenirs tragiques.  Cela a commencé il y a plusieurs années, plus précisément en mille neuf cent cinquante-sept lors de la noyade d’un jeune garçon dans ce lac.  Il est mort car les surveillants préféraient s’explorer plutôt que d’explorer le lac en cas de noyade.  Tous les moniteurs se firent assassiner par un tueur mystérieux par un vendredi treize sombre.  Alors, le camp maudit fut fermé et les autorités ne trouvèrent pas le coupable malgré les recherches longues et pénibles.

Cependant, en mille neuf cent quatre-vingt, des jeunes voulurent rouvrir cette colonie de vacances malgré les commentaires négatifs et les oppositions imposées par les gens de Crystal Lake.  L’inquiétant agresseur se manifesta de nouveau et tua sept personnes.  La survivante de ce massacre a pu affirmer qu’il s’agissait de la mère de Jason Voorhees, le garçon qui s’était noyé dans le lac.  Cinq ans plus tard, la fille qui avait survécu à ce vendredi treize a été tuée sauvagement dans son appartement  Crystal Lake.  Des rumeurs couraient comme quoi ce serait la mère de Jason qui serait revenue d’entre les morts pour se venger mais ce n’est que plus tard que les gens apprirent qu’il s’agissait de Jason lui-même qui vengeait la mort de sa mère.  Il fallut cependant un autre bain de sang pour obtenir cette information qui devint la légende de Crystal Lake.  Tout le monde croyait que ces horribles meurtres s’arrêteraient, Jason ayant vengé sa mère.  Mais ce n’était que le début car ce petit garçon rendu adulte avait pris goût à tuer.  Bien sûr, beaucoup de jeunes ont essayé de le détruire mais personne n’y est parvenu.  Même pas Tommy Jarvis qui a passé la majeure partie de sa vie à essayer de tuer cet être démoniaque porteur d’un masque de hockey.  Ni non plus une adolescente aux pouvoirs télékinésiques, Tina.  Alors si vous croyez être en sûreté aux abords de Crystal Lake, vous vous trompez fatalement.  La mort y rôde.

-Wow, dit Wayne, on dirait que vous avez regardé toute la série.

-De quoi parlez-vous donc, une série? demande le vieil homme.

-Mais oui, les Vendredi 13.  C’est la description à peu près exacte des films que vous m’avez cités.

-Mais non, affirme le vieux, je vous assure que c’est vrai.

-Voyons, qui croit à ça de toute façon? demande Steve, votre Tommy Jarvis est dans le 4, 5 et le 6.  Ainsi que Tina, c’est le personnage principal du 7.  Alors, qui croit à ça?

-Moi, dit Kelly en s’approchant sur la route.

-Ah, dit le clochard âgé, voilà une jolie fille.

-Merci, répond la concernée en rougissant.

-Pourquoi y crois-tu donc, demande Steve.

-Ce ne sont pas de tes affaires, dit Kelly en haussant le ton.

-Hum!  Je le saurai bien, dit Steve.

-Ouais, c’est sûr, dit Wayne.

-Indiquez-nous le chemin au lieu de nous parler des résumés de films d’horreur, dit Steve au vieil homme.

-Du calme, mon vieux, le coupe Wayne.

-Je vais vous le montrer mais je vous aurez prévenu.

-Tant mieux, fait Steve.

Le clochard leur indique la route à prendre pour se rendre au camp Crystal Lake.  Kelly et ses deux amis rentrent dans la camionnette et Steve se met au volant.  Kelly s’assied sur le siège du passager à côté et Wayne à l’arrière.  Lorsqu’ils sont embarqués, ils remarquent que le clochard n’est plus sur le chemin.  Steve, en mettant en marche le véhicule, demande à Wayne de lui passer une cassette de musique heavy metal.  Wayne cherche parmi les bagages lorsque tout à coup, une forme ténébreuse en sort et le précipite par terre.  Il n’a pas le temps de crier car il remarque que son assaillant va le tuer.  Le monstre au-dessus de lui porte un masque de hockey et tient agressivement une hache à la main.  Il s’avance tranquillement et enlève son masque pour dévoiler un visage inattendu.  Celui de Brian, un autre garçon de la bande.  C’est le gros et le farceur du groupe.  À ce moment, sous le regard ébahi de son copain, Brian s’esclaffe d’un rire épais en se mettant les main sur le ventre.  Wayne reprend son souffle et dit à Steve et Kelly qui n’ont rien remarqué:

-Et bien, je crois que j’ai découvert un passager clandestin à l’arrière.

-Ah non!  , pas Brian, dit Steve en regardant dans le rétroviseur.

-Ce n’est pas un problème, dit Kelly en regardant vers l’arrière.

-Oh, du moment que j’ai mes provisions, dit Brian en mangeant une tablette de chocolat.

-Hé, déclare Wayne, tu sais bien que lorsque tu manges dans un véhicule, tu es malade.

-Mais non, et j’ai faim moi!

-Tu me dégoûtes, dit sérieusement Steve en insérant une cassette de Megadeth dans la radio, tu ne souviens pas de la dernière fois, avec moi et Keith, tu as été malade et tu as dégueullé dans la voiture.

-Ouf!  , dit Brian en regardant sa barre de chocolat d’un drôle d’air.

-Merde, dit Kelly en riant.

-Avec cette musique bruyante et ce que tu viens de dire, je ne peux plus m’empêcher de vomir.

-Oh non, dit Wayne en riant.

-Attention aux éclaboussures, rit de plus belle Kelly.

-Oh, je sens que je vais dégueuler.

Puis, le bouffon fit mine de vomir sur Wayne, assis à côté de lui.  Mais, tout d’un coup, il renvoie pour vrai sur son pauvre ami qui hurle de dégoût.  Un peu plus tard, la camionnette arrive en vue du camp de vacances nouvellement rouvert depuis environ trois mois.  Dans un petit coin considéré comme un stationnement, le véhicule se gare parallèlement à une porsche rouge et à une vieille chevrolet.  Les quatre passagers en débarquent bruyamment.

-Ha! Ha! Ha! , fait Steve, pour une fois que je te trouve drôle, Brian.

-Tu aurais sûrement aimé être à ma place, dit Wayne en courant pour aller se laver au lac.

-Je ne mangerai plus jamais en voyageant, dit Brian tout verdâtre.

-C’est ce que tu dis à chaque fois, s’ esclaffe Kelly en passant une main dans ses longs cheveux blonds.  Elle commence à décharger les bagages avec l’aide de Steve.  Brian reprenant peu à peu ses couleurs normales, rit d’un petit détail stupide.

-Hé, les amis, il n’y a pas de vomissures sur les sièges, juste sur Wayne.

-Au moins nous ne serons pas obligés de nettoyer la camionnette.

Wayne se dépêche de se rendre au lac qui est à peine à trois cent mètres de la camionnette.  Il suit donc les indications inscrites sur les panneaux de bois.  Le chemin passe principalement dans la forêt assez claire sous le soleil couchant.  Rendu sur les lieux du lac, Wayne remarque que le paysage est très beau et enchanteur.  Il se déshabille et rentre dans la surface d’eau qui est rafraîchissante et agréable.  Mieux que dans une piscine, pense-t-il.  Il se laisse flotter sur le dos et regarde les nuages filamenteux dans le ciel bleu azur.  Il se ferme les yeux et relaxe tranquillement.  Soudain, il entend des pas sur le rivage humide et assez près de lui. Schich Schich Schich

-Hé Steve, c’est toi?

Pas de réponse.

-Merde, si c’est toi Brian, je…

Un gloussement étouffé est la seule réponse qu’il reçoit.

-Mais, je ne serais pas fâché si tu étais Kelly…

Un second gloussement brise le silence.  Wayne ouvre les yeux et regarde sur le rivage.

-Hé! Hé! , rit stupidement Brian en se cachant les yeux, tu as un petit zizi!

-Ha! Ha! , fait sceptiquement Wayne, moi au moins j’en ai un.  Il sort de l’eau pour se rhabiller.

-Hein? , je ne la comprends pas.

Il regarde le gros qui s’ouvre les doigts pour espionner son ami.  Il se camoufle à nouveau en gloussant nerveusement.  Quelques instants plus tard, les deux adolescents retournent sur le chemin pour rejoindre la camionnette.  Le soleil commence tranquillement à disparaître rendant obscurs les bois environnants.  Des grillons se font entendre ainsi que des crapauds se font voir.  Brian commence à avoir peur et se rapproche de Wayne.  Soudain, un hurlement déchire la soirée.

-Je…j’ai peur, Wayne.

-Écoute-moi bien, ce n’est que…

-Kelly qui se fait tuer, braille Brian.

-Mais non!  Gros idiot c’est…

-Jason qui crie pour effrayer ses proies?, le coupe le peureux.

-Merde à la fin, tu me fatigues.  Regarde derrière nous!

-Quoi!?!

-Jason nous poursuit!  Oh mon dieu!

-AAAAAaaaaarrrrggggghhhh!  rugit Brian en se sauvant à toute allure.

-Ouf! , je me suis enfin débarrassé de lui.  Ce niais a eu peur d’un vieux chien.

Le sentier rendu sombre, la brume qui recouvre le sol ; Wayne aurait préféré être en compagnie de quelqu’un.  Même la présence de l’épais Brian l’aurait rassuré.  Heureusement que le véhicule est proche.  Mais c’est trop tard car il est seul dans cet endroit effrayant.  Avec un peu de chance il pourrait arriver là-bas en quelques minutes s’il court.  Il entend des pas derrière lui.  Tremblant, il se retourne.  Trop tard!  Il n’y a rien sur le sentier.  Soudain, il remarque deux yeux monstrueux qui le fixent.  Wayne part en fuite en retenant son souffle dans le bois mais il sait que son assaillant le poursuit.  Après un petit sprint essoufflant, il se retourne et remarque que son poursuivant n’est qu’un hibou se perchant sur une branche d’arbre.  Merde que je suis con, pense-t’il.  Il constate qu’il fait davantage sombre dans le bois que sur le sentier réconfortant.  L’adolescent a l’horrible impression d’être observé.  Comme une proie, il repart à gambader pour échapper au chasseur…

***

            Kelly et Steve terminent d’apporter les bagages près du chalet où les attendent la belle et sexy Debby, Christie, fille dont l’intelligence surpasse nettement la beauté, Keith, homme fort et sportif, Greg le don juan de la bande et Howard, batteur quasi-professionnel.  Le chalet est chaud et confortable.

-Salut tout le monde, fait Kelly en entrant.

-Bonjour belle blonde, dit Greg en se regardant les ongles.

-Salut, dit Christie en levant les yeux de son livre de science.

-Bonjour les deux, dit Howard en regardant Kelly d’un air tendre.

-Hé!, salut Steve, dit Keith, ça te dirait une petite partie de golf dans le noir?

-Bien sûr, on a qu’à emmener des lampes de poche.  Mais d’abord, viens donc nous aider à rentrer les bagages.

Les regards de Kelly et de Debby se croisent.  La tension règne entre ces deux filles mais Kelly fait de son mieux pour rétablir l’amitié.

-Bonjour Debby, dit doucement Kelly.

-Oh!, si j’avais su que tu venais,…

-Heu…écoute…

-…je ne serais pas ici.

-Et bien…

-Tu n’es qu’une petite capricieuse, continue méchamment Debby.

-Et bien, si je te déplais tant que ça, pourquoi ne pars-tu pas?, dit Kelly les joues en feu.

Debby ne se le fait pas dire deux fois.  Elle bouscule Keith qui est sur son chemin et sort précipitamment à l’extérieur en quelques instants.  Greg suit sa petite amie.

-Attends poupée!  Je vais te consoler, dit ce dernier.

-Hum!, dit gentiment Howard, ne t’en fais pas, elle ne t’aime pas beaucoup.

-Oh!, de toute façon, c’est toujours pareil depuis qu’on se connaît.

-Ouais, dit Keith en emportant un sac de linge, elle n’aime pas beaucoup de monde ici.

Le groupe habite Haddonfield près de Crystal Lake.  Cependant, ils ne sont jamais venus ici auparavant.  C’est un autre groupe de campeurs qui leur a suggéré de venir car l’endroit est super pour une bande d’adolescents.  Pas de responsable pour les surveiller ni pour leur dire quoi faire.  La belle vie autrement dit.  Malgré les rumeurs qui courent sur l’endroit, aucun meurtre ne s’est produit ici depuis un bon bout de temps mais pas assez pour en faire oublier les habitants de Crystal Lake.  Le propriétaire de l’endroit est millionnaire donc, il a investi dans l’endroit, les chalets sont rénovés et modernes.  Mais le propriétaire a tout de même laissé la vieille grange au cas où un gars voudrait y emmener une fille…

***

            Le lac est froid et profond mais Jason ne ressent pas cela.  Il se redresse et commence à nager pour regagner la surface.  Il constate rapidement qu’il est enchaîné solidement avec de puissantes chaînes.  Il se souvient qu’il y a longtemps, avant qu’il ne s’endorme, des jeunes dont Tommy Jarvis et Tina l’ont entouré de chaînes et l’ont jeté dans le lac pour arrêter les meurtres sordides qu’il commettait.  Il essaie de se dégager mais manque de force.  Il constate également qu’il n’a plus le masque de hockey  qui lui couvrait le visage.  Maman, maman, pense-t’il, sors moi d’ici.  C’est alors qu’une grande force croissante se répand dans tout son corps comme lorsqu’il tuait auparavant.  Il se dégage facilement et les chaînes se dispersent et flottent autour de lui.  Je vais tuer pour toi, maman.

***

 

-Où sont donc Wayne et Brian?, demande Howard.

-Oh!  Ils sont au lac pour se baigner.

-Mais c’est bizarre, Brian ne sait pas nager.

-Et bien, il va peut-être s’y résigner.

-Qu’est-ce que tu dirais si on visionnait Night of the living dead?

-Le vieux film en noir et blanc?

-Non, la version 1990 en couleur.  Il passe à la télé.

-Parfait, dit Kelly.

Donc, Kelly, Christie et Howard ouvrent le poste moderne de télé juste à temps et au bon canal pour le début du film.  Ils sont seuls car Keith et Steve sont partis jouer une partie de golf sur le vaste terrain proche du chalet  où réside le groupe.  Les effets sonores et la musique du film sont extra parce que l’habitation est aussi munie d’un système de cinéma maison.  La noirceur du salon aux larges fenêtres rend l’atmosphère encore plus horrifiante.  C’est parfait pour eux qui aiment les films d’horreur relativement nouveaux.

***

            -Cette Kelly est une vraie garce!, dit Debby.

-Je sais, mais il faudra bien s’y habituer, répond Greg.

-Je ne veux pas dormir sous le même toit qu’elle.

-Bon, alors il reste la grange ou les autres chalets.

-J’opte pour la grange car les autres chalets sont peut-être loués.

-D’accord, nous serons bien au chaud.

-Oh, pour ça, ne t’inquiète pas.

Ils se dirigent vers la grange située près du lac.  Une petite visite dans l’après-midi leur a permis de découvrir son emplacement.  Sur le chemin, ils aperçoivent Brian qui court dans leur direction.  Il est tout en sueur et probablement mort de fatigue mais il continue de fuir un ennemi encore invisible aux yeux des deux adolescents.  Il les rejoint mais ne s’arrête que brièvement.

-Jason me poursuit!  Sauvez-vous, crie-t’il en se sauvant.

-Même pas fichu de nous dire bonjour.

-Je m’en fous de ce gros lard qui a peur de son ombre, dit Debby, allez viens.

Les deux amoureux arrivent un peu plus tard à la grange plutôt sombre mais quand même accueillante.  Ils ne se doutent cependant pas que quelqu’un d’autre est déjà là…  Ils s’embrassent et se caressent mais, à peine quelques instants passés, leur petit jeu est interrompu par un bruit.  Comme celui d’un couteau que l’on aiguiserait.  L’infime tapage provient de l’extérieur d’après Greg qui va voir en disant à Debby d’attendre un tantinet.  En sortant, il remarque que les vieilles portes grincent et un écho répète constamment.  La lune brille faiblement mais c’est la seule lumière disponible pour l’adolescent qui avance tranquillement.  Le brouillard lui arrive aux genoux.  Sa marche est soudainement stoppée par un terrible hurlement rauque et continu.  Le don juan remarque que ce sont encore une fois les grandes portes de la bâtisse derrière lui.  Un frisson parcourt rapidement son échine.  Il trébuche brusquement à cause d’un objet dont l’origine lui est encore inconnu.  Il se remet sur  ses pieds aussi vite que sa peur le lui permet et tâte dans l’obscurité pour découvrir l’emplacement de l’objet.  Il le trouve en quelques secondes et le sort du brouillard pour connaître l’origine exacte de cette chose.  C’est un masque de hockey.  Son système nerveux lui envoie constamment des petits tremblements impulsifs.  Il réalise, heureux de cette réflexion, que le masque appartient à Brian car il l’a déjà vu en sa possession, environ un mois auparavant.  Soudainement, un cri provenant de la grange glace son sang.  Il lâche le contenu de ses mains et se précipite le plus vite qu’il peut à l’intérieur.  Les portes de la granges grincent encore dans une symphonie de tapage macabre.  Son coeur bat à tout rompre.

-Debby?, crie-t’il, inquiet.

Pas de réponse.

-Où es-tu?

Silence

Seules les partitions interprétées par les portes de la bâtisse semblent lui dire quelque chose.  L’obscurité qui règne sur les lieux rend Greg nerveux.  Debby arrive d’une porte au fond de la vaste pièce et vient se coller contre Greg.  Un autre personnage en sort également.  Un vieil homme à l’aspect débile se dirige vers eux.

-Que lui avez-vous fait?, demande le don juan apeuré.

-Mais rien, je ne suis ici que pour vous prévenir, dit l’inconnu.

-Je cherchais un endroit pour dormir et il est apparu devant moi avec un air menaçant, pleure Debby.

-Vous êtes mieux de partir immédiatement, espèce de vieux fou.

-D’accord, mais je vous aurez prévenus, cet endroit est maudit!

-J’ai dit : au revoir!

Le vieux sort de l’endroit laissant les deux amoureux à leurs occupations.  Lorsqu’il a refermé le fabuleux duo des portes grinçantes, il se retourne et a juste le temps d’apercevoir un grand homme au visage tordu de laideur lui donner un coup de machette en plein front.  La victime s’écroulant en silence, Jason saisit le masque semblable à celui qu’il a porté plusieurs années auparavant.  Il se dirige tranquillement mais sûrement vers le bois où il anticipe déjà une autre proie.  Comme avant, maman, pense-t’il en se couvrant la figure avec le masque de hockey.

***

            Wayne se sent idiot.  Pourquoi me suis-je perdu, se demande-t’il.  Le camping n’est pas si grand et pourtant il n’a guère réussi à revenir sur le sentier sur lequel il était tout à l’heure.  Ce stupide hibou lui a fait perdre l’orientation.  Un souffle chaud caresse sa nuque.  Il a peur de voir ce qui est derrière lui.  La curiosité l’emporte sur la peur et il se retourne pour voir derrière lui.  Rien.  Juste son imagination.  Il remarque devant lui un chalet dont les lumières sont fermées.  Il s’y précipite et remarque que ce n’est pas celui qu’ils ont loué.  Un craquement surgit de derrière lui.  Il se retourne une seconde fois.  Cette fois-ci, il y a quelque chose dans son champs de vision.  Et ce quelque chose lui saute au visage.  Il n’a pas le temps de définir ce qu’est son attaquant.  Mais il se défend tant bien que mal.  Des blessures lui sont infligées à la figure.  Il crie de terreur et de douleur.  Il essaie de se défaire de son ennemi qui ne lâche pas prise.  Ce dernier le mord férocement et Wayne sent du liquide couler sur ses joues.  Et ce liquide, c’est son sang.  Il se précipite par terre face la première.  La chose qui l’empoignait tombe sur le sol lorsque l’adolescent se redresse.  Il a le temps de voir qu’il s’agit d’une chauve-souris.  Il l’écrase de son pied.  Mais qu’est-ce qu’une créature de ce genre fait donc dans ce camp de vacance?  Au peu plus loin, il remarque un trou dans une petite colline.  Il devine facilement que celle-ci provient de là.  Un petit terrier.  Il espère qu’il ne se fera pas attaquer une seconde fois…

Il s’aperçoit qu’une mince couche de brouillard couvre le sol.  Elle lui cache les pieds ou tout objet qui peuvent être sur le sol.  Wayne trébuche vivement.  Il ne se blesse pas davantage qu’il ne l’est déjà.  Il est terrifié à l’idée de ce qui peut être l’origine de sa chute.  Il empoigne la chose encore invisible.  Et il crie lorsqu’elle devient visible.  Parce qu’il s’agit d’un bras humain tranché.  Il relâche le membre immobile et se lève subitement.  Le coeur bat la chamade.  Il n’a jamais battu aussi vite.  Et il bat encore plus rapidement lorsque les lumières du chalet s’ouvrent.  Et qu’il aperçoit l’homme à la fenêtre.  Il le regarde de ses yeux exorbités.  Il lui manque les deux bras.  Il est mort.  Si l’un des bras est par terre, où est donc l’autre?  C’est la question que se posa Wayne.  Il eut la réponse en pleine figure.  Un coup de bras coupé le renversa sur le dos avec une violence fracassante.  L’ombre le refrappe à l’aide du bras de sa victime précédante.  Et encore.  Et encore.

***

            Après un bain de nuit agréable dans le lac, Greg et Debby retournent dans la grange où ils font l’amour.  Quelques heures plus tard, ils parlent se serrant l’un contre l’autre.

-Tu es tellement belle, dit-il à la fille en lui caressant les cheveux.

-Je le sais et j’aime ça.

-Tu ne te vanterais pas par pur hasard?

-Moi?, bien sûr que non, dit-elle en riant.

-Et bien moi, je dois t’avouer que je le fais souvent.

-De quoi parles-tu?

-Me vanter bien entendu.

-Ha!, tu m’as fait peur sur le coup, dit-elle en riant de plus belle.

Ça va bientôt faire un année qu’ils se fréquentent et Kelly leur dit souvent qu’ils vont bien ensemble car ils se vantent de ceci et de cela à chaque fois que l’occasion leur est donnée.  Ils ne font pas vraiment partie de la bande mais ces amoureux sont toujours présents aux partys et aux sorties sans réellement être invités.  Ce n’est d’ailleurs sûrement pas Debby qui accepterait une invitation de Kelly.  Leurs disputes constantes ont commencé lors du bal de secondaire 5, alors que Kelly n’avait pas de cavalier.  Cette fille est isolée et triste depuis la mort de son frère, il y a une quinzaine d’années mais elle sait se montrer joyeuse et très sociable avec ses amis.  C’est ce qui fait de Kelly une très bonne amie.  Donc, ce soir de bal Greg, voyant que Kelly semblait triste et seule, il l’a invité pour une seule danse et a bien sûr réservé les autres à Debby.  Debby ne l’a pas encore digéré et croit que Kelly voulait lui voler Greg.  Ce soir, Debby sourit en pensant à toute les conneries que Brian a commises à cette soirée.  D’abord, il s’est accidentellement enduit le veston du contenu complet d’un pot de moutarde.  Il a bu du punch alcoolisé mais il était allergique à l’alcool et semblait ne plus s’en souvenir.  Les plaques rouges sur tout le corps le lui ont rapidement remis en mémoire.  Lorsqu’il s’est senti mieux, il s’est mis à danser et est tombé dans un gâteau géant si bien préparé.  Et le pire, c’est qu’il ne voyait plus rien une fois sorti du dessert alors il a dégringolé les quelques cinquante marches de l’escalier qui menait à l’extérieur.  Ce fut la pire soirée de Brian mais la plus drôle pour tout le monde.

-Ha! Ha! Ha!, rit Debby.

-Qu’est-ce qu’il y a de drôle, chérie?

-Oh rien, je pensais seulement…

CRAC!  CRAC!  CRAC!

-Qu’est-ce que c’est ça? demande Debby.

-Rien, sûrement un animal ou …

Une forme noire apparaît dans le champ de vision de Greg et Debby.  Ils se font transpercer tous les deux simultanément par un puissant coup de fourche.  Jason lâche son arme et regarde autour de lui pour en trouver une de son calibre…

***

            -C’est un beau coup, mon vieux, dit Steve à Keith.

-Ouais, mais ce n’est pas un de mes meilleurs.

-Oh, regarde où t’as foutu la balle, en plein en bas de la colline où se trouve la brume.

-Petite rectification:  ce n’est pas mon meilleur.

-Si ce n’était pas la dernière balle qu’on a, je la laisserais là, mais dans cette condition…

-Allez viens, dit Keith en lâchant son bâton de golf par terre.

Ils descendent la colline et entrent ainsi dans la brume et les herbes hautes.  Ils étaient sur une plate-forme naturelle où le brouillard ne parvenait pas à s’infiltrer.

-Cherche par là et moi, je vais par ici.

-D’accord.

-Attention aux couleuvres.

-Je n’ai pas peur, affirme Steve en serrant fortement le bâton de golf et en tremblant légèrement.

-Ça se voit bien.

-Heureusement qu’on a les torches électriques! dit Steve.

-Ouais!

Keith et Steve se connaissent depuis le début du secondaire mais ils ont commencé à jouer ensemble et à vraiment être des amis en secondaire 3 alors qu’ils étaient dans la même classe d’éducation physique.  Ce sont les deux sportif du groupe car aussitôt qu’ils en ont l’occasion, ces deux copains se retrouvent sur un terrain ou dans un gymnase.

***

Lorsque le film prend fin, les trois amis, Howard, Kelly et Christie vont à la cuisine pour y parler de choses et d’autres.

-Est-ce que tu as vu Le châtiment de Jason?  C’est Vendredi 13 chapitre 9.

-Oui, répond Kelly, et les effets spéciaux sont ahurissants.

-Moi, je trouve que c’est le meilleur, dit Christie.

-Il est super et le suspense n’y manque pas.

-Hum!, maintenant, qui a vu Freddy 7? demande Howard.

-Moi, dit Christie.

-Je ne l’ai pas encore écouté mais j’en ai vaguement entendu parlé.

-Freddy est plus épeurant mais moins écoeurant.

Après environ une heure de discussion, Christie va se coucher.  Howard et Kelly restent donc à parler.  Le sujet devient alors les rumeurs à propos de Jason.  La discussion devient donc plus sérieuse.

-Crois-tu qu’il existe vraiment?  demande Kelly.

-Ah, tu sais ce que je crois à propos des gens des environs?

-Non.

-Je pense que c’est pour nous faire peur comme dans les films.

-Ça a du bon sang.  Ça va peut-être te paraître saugrenu mais je vais te raconter quelque chose.  Tu n’es pas obligé de me croire mais…

-Vas-y, je t’écoute.

-Lorsque j’étais petite, mon grand frère était venu camper ici avec ses amis.  Ce soir-là, il faisait une tempête terrible et je pensais qu’il ne reviendrait jamais.  La nuit, j’ai rêvé qu’il se faisait tuer par…

-Jason?

-Oui, dit-elle mal à l’aise.

-Est-ce vraiment arrivé?

-Oui, enfin, je crois.  Peut-être pas par Jason, mais ils ont tous été assassiné.

-Oh mon dieu, tu aurais dû m’en parler avant.

-Ça me fait un peu peur d’être à l’endroit où Jason pourrait bien être.  Mais je suis entouré d’amis et de toi.

-Si tu as peur, tu pourras coucher dans ma chambre, dit-il avec un regard plein de sous-entendus et un sourire amical.

Avant qu’il n’ait pu rajouter quelque chose, Kelly l’embrasse amoureusement.  Elle rêvassait à ce moment depuis longtemps mais était trop timide pour avouer son amour à Howard.  Il lui rend son baiser.

-Laisse-moi environ une heure pour pratiquer mes rythmes et je serai à toi pour toute la nuit…

-Et qui sait, peut-être pour toute la vie…

-À tout à l’heure, dit Howard en se dirigeant vers la pièce où se trouve une batterie.

-Si tu me cherches, je serai dehors.

***

Brian arrête de courir lorsqu’il aperçoit enfin la cabine téléphonique.  La dernière fois qu’il a couru autant, c’est lorsque le chien de Wayne l’a poursuivi.  Son coeur et ses pieds le font souffrir.  Il s’avance et prend le combiné.  Brian signale la police mais la ligne émet un bruit bizarre comme lorsque l’on a pas pressé sur les chiffres.  Le téléphone est sûrement en panne.

– C’est bien ma veine, se dit-il.

Soudain, il s’aperçoit, stupide, qu’il a oublié d’insérer des sous pour le faire fonctionner.  Il fouille rapidement ses poches et y trouve la monnaie nécessaire.  Brusquement, l’argent lui glisse des mains et se retrouve par terre.  Donc, l’adolescent s’empresse de le ramasser et il a une idée brillante mais la perd aussitôt.  En rapprochant les pièces du téléphone, l’éclair de génie lui revient.

– Ce n’est qu’une plaisanterie stupide que Wayne m’a faite.  Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt?

Il remet son petit magot dans sa poche et part vers le chalet tout de même près de là.

-Il faudra que je lui en parle.  Il ne doit plus faire des choses stupides.  Qu’il prenne exemple sur moi et tout ira mieux.

Il aperçoit Kelly qui sort du chalet qu’ils ont loué alors il essaye de paraître fier et marche comme un brave.  Mais l’inévitable arrive, une racine d’arbre vient contrecarrer les plans dignes de Brian car son pied reste pris devant et il tombe sur le ventre.

-Quel idiot je fais encore de moi.

Il se dégage de sa mauvaise position et se relève le plus vite qu’il peut pour ne pas être stupide comme d’habitude.  Mais en se relevant, il se cogne la tête contre une branche d’arbre.

-Qu’est-ce qu’il fait là ce…, merde.

-Hé salut Brian, dit Kelly en s’approchant.  Lorsqu’il entend la voix, il sursaute nerveusement.

-Oh salut, tu m’as surpris.

-Je croyais que tu étais avec Wayne.

-Celui là, ne m’en parle pas.

-Pourquoi donc?

-Il m’a fait une farce stupide.

-C’est l’inversion des rôles

-Quoi?

-Oh rien, euh, tu vas voir le chalet est moderne et muni de divers appareils comme une chaîne stéréo, un système de cinéma maison et…

-N’en dis pas plus, j’y cours.

-À la prochaine.

-Salut, dit Brian en s’en allant vers le chalet éclairé.

Kelly et Brian sont amis mais ils ne font que se connaître et parlent parfois ensemble mais sans plus.  La seule fois que Kelly est allé chez Brian fut un soir d’été, ils écoutèrent des films d’horreur.  Lorsqu’elle est partie vers minuit environ, les rues paraissaient plus sombres que jamais et tout infime bruit la laissait craintive.  Ce soir, par contre rien ne lui fait peur depuis le doux baiser avec Howard.  Elle rêvasse tranquillement et au moment où elle sort de son joli rêve romantique, l’adolescente se trouve devant le lac qui double l’image de la grosse sphère lumineuse qu’est la lune.  Mais, rapidement, de pesants et sombres nuages envahissent la lueur de la lune et Kelly se retrouve brusquement dans la noirceur.  Un tantinet plus loin attend la grange vieille et sombre qui appelle la fille à venir s’y loger au moyen de ses affreuses portes grinçantes.  Elle trouve que son beau rêve se fait quelque peu détruire par les éléments d’un cauchemar.

-Merde, se dit-elle intérieurement, il faut que je pense à d’autre chose qu’à Jason.  De toute façon, ce n’est peut-être même pas lui qui a tué mon frère.

En essayant de se convaincre, même si elle savait fortement que c’était Jason qui avait abattu son frère, elle constate la présence d’un violent coup de vent qui interrompt ses pensées.  Elle se rapproche de la grange où elle pourra se réchauffer un peu plus.  Pendant qu’elle marche, un souvenir envahit son esprit.  Elle devait avoir dix ou onze ans quand son frère avait loué des films d’horreur.  Elle ne voulait les regarder mais la curiosité plus forte que sa peur, elle était assise devant le téléviseur avec son frère et ses amis.  Le premier s’appelait Halloween et elle avait eu peur mais pas comme le deuxième: Vendredi 13.  Elle n’avait jamais été aussi terrifiée.  Ce n’est pas vraiment tout le long du film qui l’avait effrayé mais principalement la fin lorsque la survivante croit que c’est fini, la police sur le rivage et la belle musique et que Jason surgit en hurlant du lac pour la saisir.  C’est peut-être de ce film que provient sa peur pour les lacs dont on ne voit pas le fond.  Comme Crystal Lake…

***

Steve cherche dans les herbes depuis un bon moment et n’a encore rien découvert qui ressemble à une balle de golf.  Il commence à être un peu découragé de chercher cette foutue chose dans la brume.  Cette dernière rend la tâche doublement difficile: déjà que c’est dur de chercher un objet minuscule dans les herbes malencontreuses sans en plus qu’il y ait du brouillard.  Il ne voit pas non plus Keith qui est parti de son côté.  Le garçon pense alors à abandonner ses recherches quasi-inutiles.  N’importe quel idiot sait que l’on ne cherche pas dans le noir, le brouillard et les hautes herbes à part lui et Keith…

Un petit bruit attire son attention, il serre plus fort son bâton de golf.  Il se rapproche peu à peu de l’endroit camouflé par le foin, tremblant de plus en plus à chaque pas.  Il arrête sa progression et, avec sa main, il bouge les herbes devant lui.  Devant lui se trouve un tueur masqué, non, ce n’est qu’une souris perdue dans toute cette jungle brumeuse.  Soudain, il voit sa main tomber sous un flot de douleur et de sang.  Il voit qu’elle a été tranchée par quelqu’un dans son dos.  Lorsqu’il se retourne, son agresseur est devant lui, homme grand à la peau déchiquetée et aux os parfois apparents, portant un vieux masque de hockey souillé qui avait autrefois été d’un blanc pur et propre.  Il tient une faux tranchante levée dans les airs et la rabaisse pour trancher la tête de Steve.  Le tueur lâche son arme pour prendre le bâton de golf.  Il se dirige vers sa prochaine proie.

***

Keith examine chaque petit endroit nébuleux où pourrait bien se cacher une apparition ensorcelante et surprenante sortie d’une quelconque divagation ou d’un désir monstrueux.  Mais aucune de ces horreurs ne sort des herbes ou du brouillard.  Même pas Brian prêt à faire une fadaise ou quelques sortes d’âneries.  Plusieurs pensées fastes ou non à la recherche se concentrent en un fatras dans son esprit.  Cette fouille s’avère être une sorte de fiasco.

-J’ai hâte de trouver cette balle, si j’en avais une autre, on n’en serait pas là.

Il ne se souvient même pas si c’est lui ou Steve qui a envoyé accidentellement la balle de golf par ici.  Il poursuit se recherche et découvre, surpris, un sombre cimetière.  Un frisson glacé lui traverse l’échine.  Il avance tranquillement, curieux de voir les années et les noms gravés sur les pierres dont la mousse verdâtre occupe la majeure partie.  Il porte un premier regard oiseux pour essayer d’identifier l’occupant d’une des tombes mais sans succès apparent.  Un essai sur la deuxième s’avère plus réussi.

-Hertholin Heinsberg, Ha! Ha! Ha!   C’est un drôle de nom.

Une troisième pierre tombale semble n’appartenir à personne car aucun nom n’y est indiqué.  Keith sait alors pourquoi.  Ce n’est pas une pierre mais Jason qui respire bruyamment en le fixant de ses orbites vides et ressemblant à des abîmes infernaux.  L’adolescent le reconnaît immédiatement car il a vu les neuf Vendredi 13.  Keith reste figé tant il a peur, Jason le pousse par terre, le retient de son pied lourd et puissant et se met en position pour jouer au golf.  Le tueur lève le bâton comme un pro et se sert de la tête de la victime comme balle.  Elle va même plus loin qu’une vraie.

***

Kelly rentre dans la grange et est bien contente d’être venue car ici, il fait chaud et c’est confortable, plus que dehors.  Elle se repose en pensant à Howard.  C’ est super qu’il me trouve de son goût, pense-t’elle.  En fait, cela faisait longtemps qu’elle voulait sortir avec Howard mais elle était trop timide pour le lui dire.  Probablement que c’était la même chose pour lui.  Ils se connaissaient comme amis jusqu’à l’adolescence où Kelly a envisagé de sortir avec Howard.  C’est d’ailleurs dans cette période que le groupe s’est vraiment formé.  Elle est rapidement extirpée de ses pensées lorsqu’une odeur abjecte lui envahit les narines.  La fille se redresse immédiatement.  Un brin de malaise s’empare d’elle.  Elle promène son regard dans l’endroit.  Rien de bizarre, pour le moment du moins…  C’est lorsqu’elle regarde derrière un petit tas de foin qu’elle commence à crier.  Devant Kelly reposent les corps de Greg et Debby.  Elle ne peut s’empêcher de crier de terreur.  Oh non, pleure-t-elle, Jason existe pour vrai.  Soudain, une forme se projette sur elle.  Elle tombe à la renverse en apercevant le vieil homme à qui ils ont parlé.  Il n’est plus tout à fait pareil.  Celui-ci est suspendu au plafond par un crochet et il lui manque certain morceaux…  Oh non, oh non.  Elle sort de l’endroit en courant et en pleurant à chaude larmes qui l’aveuglent par moment.  Oh non, oh non.  Elle ne sait plus où elle se dirige car elle n’arrête pas de penser à ses amis assassinés.  Elle reprend quelque peu le contrôle de sa santé mentale et se convainc d’aller prévenir les autres.  Ils ont besoin d’elle.  Oh non, oh non.

***

Brian a une faim de loup après cette course d’enfer dans tout le camp.  Il ouvre le réfrigérateur et regarde avec appétit les bons petits plats.  Miam miam.  Tout ces précieux achats que Debby a fait à l’épicerie.  Pizza surgelée, lasagne, steak, etc…  Soudain, il voit quelque chose d’horrible et est rempli de dégoût.  Jamais il n’a vu quelque chose d’aussi horrible, à part quand il a vu son père chier.  Des huîtres noires et luisantes envahissent la majeure partie du frigo.  Merde, dit-il, j’ai peur des huîtres car maman dit que ça mord.  Il se dirige alors vers le garde-manger pour regarder les conserves.  Brusquement, un homme se met devant lui avec l’intention de le tuer.  Brian sursaute.  Ce n’est que Howard.

-Et bien Brion, tu t’en tires pas si mal?

-Oh oui, je cherchais quelque chose à bouffer.

-Ça tombe pile, moi aussi.  Tu n’as pas vu des huîtres?

-Yeurk!, tu manges ça, toi?

-Mais oui, et c’est délicieux, répond en souriant Howard.

-Alors, tu iras les manger dans ta chambre pour ne pas me dégoûter.

-D’accord.  Howard saisit une bonne portion d’huîtres avec une bière et s’en retourne dans sa chambre.

-Euh, bonne nuit.

-Salut, et bon appétit!

Brian se retrouve alors seul dans la cuisine à errer à l’intérieur du garde-manger.  Lorsqu’il ouvre la porte de ce dernier, une canne de conserve lui tombe sur le front.  Il a très mal et, furieux d’ être aussi malchanceux, il la prend et la projette hors du garde-manger.  Cependant, aucun bruit de fracas ne se produit.  Curieux, il se retourne.  C’est avec un court cri aigu qu’il aperçoit un homme large avec un masque de hockey dans la face tenant dans une main levée la canne de conserve.  Il la fait exploser en serrant son poing.  Des petits pois volent en tout sens.  Dans l’autre main, il tient un couteau de boucher qu’il abat dans le ventre de l’adolescent.  Ce dernier tombe dans le garde-manger.  L’assassin sombre referme la porte.

***

Christie, dans sa chambre, lit un livre sur des théories scientifiques qu’elle seule comprend.  À la lueur de sa lampe de poche, la fille est dans son lit, bien au chaud.  Tout à coup, un bruit venant de la fenêtre sombre, fend l’air et le silence.  Un lourd frisson parcourt l’adolescente.  Par le vaste trou, l’extérieur paraît effrayant et mystérieux.  Des ombres étranges se promènent.  Elle se tire de son confort pour se mettre dans la malsaine atmosphère de la chambre noire.  Christie s’avance tranquillement, se concentrant sur la fenêtre aux bruits suspects.  Au moment où elle est près de celle-ci, une vision d’horreur l’effraie.  Devant ses yeux, se tient un bras maigre muni de griffes lacérantes.  Mécontente d’elle-même, la scientifique se trouve un meilleur jugement: ce n’est qu’une branche d’arbre grattant contre la vitre.  Elle pousse un petit soupir.  Ce que son imagination peut lui jouer de mauvais tours parfois.  Christie se retrouve dans son lit à lire son bouquin.  Lorsqu’une trace de sang coula dans son roman, elle leva immédiatement les yeux en l’air.  Elle sut que cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’un mauvais tour de son imagination.  Un visage blanchâtre se tient au-dessus d’elle.  Une paire de ciseaux tranche la gorge de l’adolescente qui n’a aucun autre jugement ou justification à apporter sur ce phénomène, sa propre mort…

***

Howard bat le rythme à pleine vitesse pour suivre les pièces pleines d’énergie de Bad Religion.  Il a des écouteurs sur les oreilles pour pouvoir mieux saisir les passes des chansons.  Et pour ainsi ne pas entendre les sons dérangeants pouvant provenir des autres pièces du chalet.  Cet adolescent adore jouer de la batterie, il pratique et compose des pièces avec d’autres personnes.  Ils vont bientôt mettre sur le marché un album intitulé Fear’s survivor, qui est de style punk.

Soudain, il croit sentir un souffle chaud sur sa nuque.  Il arrête de jouer avec ses baguettes et se retourne rapidement.  Devant lui, il n’y a que la porte de la chambre.   Probablement mon imagination, se dit-il.   Il enlève toutefois ses écouteurs pour s’assurer que tout va bien.  Et c’est là qu’il entend le cri.  Ce son ne peut être produit que par une femme.  Kelly!, se crie-t-il intérieurement  Il se lève subitement et se dirige vers la porte pour sortir de la pièce.  Cette dernière ouverte, il s’aperçoit que la cuisine et le salon sont plongés dans la pénombre totale.  Mais ce ne sont sûrement pas les ténèbres qui l’empêcheront d’avancer.  Une ombre bouge alors sur le côté.  Howard se retourne aussi vite qu’il peut.  À travers la fenêtre qu’il y a près de lui est projetée une forme noire.  Il a très peur, mais cette peur est rapidement remplacée par de la haine en remarquant le cadavre de Steve inerte.  Mais il n’est pas dégoûté par la répugnance de ce dernier.  Pas encore.  Il se recule de la fenêtre pour s’éloigner d’un danger probable et imminent.  C’est alors qu’il voit le corps mutilé de Brian surgissant du garde-manger.  De sa bouche émerge un flot de sang.   Non, non, se dit-il, pourquoi?   Howard se sent soudain piégé et impuissant face à cet ennemi invisible qui a tué ses amis.  Le fusil de chasse à deux canons accroché sur le mur près de lui le rassure quelque peu…

***

Kelly ouvre rapidement la porte du chalet et est pétrifiée devant l’apparition devant elle.  Elle crie de peur devant le cadavre de Keith accroché aux coins de la porte.  La fille recule et se heurte à quelque chose de dur derrière elle.  Tombée par terre, elle peut remarquer qu’il s’agit du monstre de ses pires cauchemars.  Celui qui a réellement tué son frère ainsi que ses amis.  Son masque blanchâtre la fixe impitoyablement.  Le tueur lève son bras droit dont la main tient une machette sanglante.  La lune se reflète dans celle-ci.  Elle se rabat sur l’adolescente tremblante et hurlante.  Boum!  Boum!  Les deux détonations proviennent de l’arme encore fumante que tient Howard.  Le grand homme recule sous les coups de feu dont les cartouches lui déchirent les tissus organiques.

-Tiens, mon salaud, crie le jeune homme, ne t’avise pas de la toucher!

-Oh, Howard!  J’ai peur, vite, sauve-moi!

-Cours!, lui crie-t-il en rechargeant le fusil de chasse maladroitement.

Une des munitions tombe par terre alors que Jason s’avance vers Howard.  Kelly se relève mais ne part pas à courir, elle regarde, paralysée le combat qui s’engage.  Le tueur donne un coup de machette sur son ennemi faible et sans espoir.  Howard ne réussit pas à l’éviter.  Son sang vole en l’air alors qu’il s’effondre sur le sol au pied du monstre.  Ce dernier relève son arme pour pouvoir la rabattre sur sa victime.  Howard saisit la munition tombée par terre et la fait pénétrer dans le fusil.  L’arme ainsi chargée, il l’appuie sur les côtes de Jason et appuie une fois sur la détente.  Boum!  Le trou béant transperce le tueur qui rugit comme une bête.  Il laisse tomber son arme que Kelly saisit, sortie de sa torpeur.  L’adolescente le frappe à la tête par derrière.

-Ça, mon salaud, c’est pour mon frère!

Jason tombe sur Howard.  Ce dernier a presque le temps de s’enlever mais ses jambes restent coincées sous le monstre pesant.  Kelly laisse l’arme dans la tête de Jason et vient au secours d’Howard.

-Tiens, te voilà sorti de sous cet être vil, lui dit-elle en l’embrassant.  Il lui rends son baiser en la serrant fort contre lui.

-J’ai vraiment cru que toi aussi tu serais morte.

-N’y pense plus, il est…

Brusquement, un son interrompt leur conversation.  Un grognement.  Et il ne vient pas de la bouche d’un chien…  Jason s’avance à grands pas vers ses deux dernières proies.  Howard se sert de la dernière munition dans le fusil pour faire feu vers le tueur sans pitié.  Ce dernier recule.  Mais reprend sa démarche comme si de rien n’était.  Kelly crie de terreur devant ce monstre que vraiment rien n’arrête.  Howard la saisit par le bras et ils commencent à courir pour échapper à cet être diabolique.  La forte respiration de Jason les énerve et leur rappelle qu’il les aura quoiqu’ils fassent.  Howard tombe à la renverse et entraîne donc du même coup Kelly avec lui.  Leur chute permet au monstre de les rejoindre assez rapidement.  Ce dernier saisit Howard et…

…le gilet du garçon déchire.  Ce qui fait qu’il est sauvé des griffes du chasseur.  Il rampe par terre vers la fille tout en hurlant.

-Sauve-toi!

-Non!  Viens, vite!

Les deux réussissent à se relever et à repartir leur course sans que Jason ne leur fasse quoi que ce soit.  Et avec raison, lorsqu’ils regardent derrière eux, il n’est plus là.  Quel chemin a-t-il emprunté?  Et surtout, par où arrivera-t-il?

-Il faut fouter le camp d’ici!, dit nerveusement Howard.

-J’ai si peur, gémit la fille tremblante.

Ils se rendent jusqu’au chalet le plus proche pour pouvoir appeler la police.  Ce dernier est occupé car la porte n’est pas verrouillée et les lumières sont ouvertes.  Lorsqu’ils rentrent, ils remarquent que le téléphone est sur une petite table à côté d’une fenêtre.  Howard s’y précipite vivement.  Et soudain, une forme traverse la fenêtre pour lui sauter dessus.  Il s’agit d’un cadavre.  Celui du propriétaire de l’endroit.  Kelly recule devant cette apparition…et se heurte à quelque chose.  Ce quelque chose l’empoigne par le cou et la projette sur le mur en face d’elle.  Heureusement, Howard se met entre elle et le mur juste à temps.  Ils tombent tous deux sur le plancher dur.  Jason s’avance armé d’une barre à clou.

Les deux proies se lèvent vivement.  Le tueur porte un coup dans la tête du garçon.  Cependant, celui-ci esquive le coup juste à temps et se précipite avec la fille par la large fenêtre.  À l’extérieur, ils font le tour de la demeure.  Car si le propriétaire est là, c’est qu’il est venu grâce à son véhicule.  Et ce véhicule ne doit pas être loin.  Effectivement, il se trouve dans la cour un peu plus loin que l’habitation.  Ils embarquent assez facilement à l’intérieur car les portes sont déverrouillées.  Et les clefs sont encore dans le contact.  Les deux survivants devinent vite pourquoi.  Une trace de sang dans le pare-brise leur indique que le propriétaire du camping est mort dans sa voiture.  Howard démarre rapidement le véhicule.  Et ce dernier ne démarre pas.  La fenêtre à côté d’Howard se brise pour laisser passer un puissant bras.  La main du tueur agrippe l’adolescent fortement au cou.  Cette main serre de plus en plus sa fragile victime.  Kelly, toujours armée de la machette, tranche froidement la main hideuse.  Et celle-ci se détache du bras pour se retrouver sur le siège entre les deux jeunes adultes.  Et l’être monstrueux se recule en regardant son moignon crachant du sang.  Howard et Kelly profitent de ce moment pour sortir du véhicule par l’autre côté.  Le garçon saisit l’arme qu’il lance vers la figure de Jason.  Ce dernier la reçoit en plein dans le front et le masque vole en l’air.  Et ils peuvent constater pourquoi le meurtrier porte un masque.  Son visage est tellement hideux que même les films d’horreur ne peuvent le reproduire…

Et Jason s’écroule par terre.  D’abord à genou et ensuite, il tombe face la première.  Donc, la machette traverse la tête en un fracassant bruit de craquement.  Et une mare de sang se répand autour du corps.  Les deux amoureux regardent la scène avec effroi.  Et ils restent pétrifiés devant toute l’horreur se déroulant sous leurs yeux.  Howard serre Kelly contre lui pour essayer de la réconforter.  Et il se force à ne pas regarder l’abomination.  Le jour se lève avec l’arrivée des policiers.

***

            -Bonsoir, dit Howard au bout du fil, est-ce tu vas bien?

-Oui, car tu es là, et je t’aime, répond Kelly.

-Moi aussi.  Oh, et tu sais quoi?

-Non, et je ne suis pas bonne dans les devinettes?, affirme-t-elle.

-Le lancement de notre premier album se fera l’été prochain!

-Ça c’est une bonne nouvelle, s’exclame-t-elle.

Elle parle un moment avec son petit ami et raccroche pour se coucher.  Depuis le terrible incident s’étant produit il y a environ deux ans, elle s’est peu à peu remise du choc psychologique important l’ayant assaillit.  Grâce à des traitements spéciaux.  Maintenant, elle se sent mieux et tout semble aller pour le mieux.

Soudain, un grattement provient de derrière sa porte de chambre.  Elle pense tout de suite à son chat.  Son petit chaton câlin.  Elle s’y rend tranquillement, contente de savoir que son compagnon veut venir la voir.  Elle ouvre la porte et…

Un masque de hockey repose par terre.  Souillé de sang.  Elle crie de terreur.  Il est venu la chercher.  Jason est là…

FIN

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4 Commentaires

Publié par le juin 4, 2011 dans Uncategorized

 

4 réponses à “Jason fête ça avec nous!

  1. richard tremblay

    juin 5, 2011 at 1:06

    Bravo pour ce bel anniversaire en compagnie d’un psychopathe homicide !

     
  2. Anne-Marie Bouthillier

    juin 5, 2011 at 7:50

    tu as résisté à la tentation de corriger ici et là des trucs gênants? Moi en tk, je ne serais pas capable! On voit que le talent était déjà là à 15 ans 😉

    Moi aussi j’ai retrouvé un receuil de nouvelles d’horreur écrite en secondaire 1 ….oh boy!!!! Il y en a une que c’est une fille qui mange des insectes dans ses céréales le matin sans s’en rendre compte…dans la journée, ils la mangant de l’intérieur et ça la rend folle et elle envoit de l’acide au visage d’une amie dans son cours de science…..HILARANT!!

     
    • aveugle

      juin 5, 2011 at 9:08

      J’ai été tenté de corriger ici et là mais je n’ai rien retouché…
      Héhé, ça a l’air drôle ton recueil! 🙂

       

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